Bpifrance veut investir 10 milliards€ dans la santé d’ici 2030
Bpifrance, aux côtés de Kurma Partners et Andera Partners notamment, a investi dans la start-up Adcytherix, start-up deeptech spécialiste du design et du développement de nouveaux anticorps conjugués, lors de sa levée de 105 M€ en 2025
La banque publique présentait le bilan de son activité santé en 2025 hier matin dans ses locaux. Elle a rappelé ses thématiques d’investissements prioritaires, et confirmé son engagement à long terme dans le secteur.
En 2025, Bpifrance a consacré 2,5 milliards d’euros au secteur de la santé. Des investissements en forte hausse (40 %) par rapport à 2024, confirmant sa confiance dans un rebond prochain du secteur. Parmi les différents instruments d’investissements de Bpifrance, les aides à l’innovation ont représenté 1 milliard d’euros. Elles ont, en grande majorité, été dirigées vers les PME (87 % des bénéficiaires) et ont principalement concerné des aides à la R&D. À noter que 85 millions d’euros ont été dirigés vers les acteurs deeptech, pour explorer la faisabilité des projets, via les programmes iPhd, Ilab, BFT-Lab et FrenchTech Tremplin.
Côté thématiques, les financements se sont concentrés sur les biothérapies et la bioproduction (535 M€), les molécules chimiques (185 M€) et les dispositifs médicaux, notamment numériques (160 M€). La banque a également investi en parallèle près de 900 millions d’euros en fonds propres, dans 68 opérations. Elle a mis notamment en avant des investissements dans les start-up ADCytherix EG427 ou Dillico. La Bpifrance a également cité ses exits majeurs en 2025, ImCheck revendue à Ipsen pour 350 M€ en upfront, et Guard Medical rachetée par l’américain NPseal.
Un fonds de 100 M€ pour la prévention
La banque a aussi profité de cette journée pour rappeler ses missions : participer au développement de futurs champions français et européens, soutenir la réindustrialisation du territoire, assurer un meilleur accès des patients à l’innovation et permettre au système de soins d’être plus pérenne. Ces missions se traduisent par quatre actions concrètes : la production de nouveaux médicaments et des traitements, l’accélération de l’adoption du numérique et de l’IA, l’essor de la prévention et, enfin, un meilleur accès aux soins dans les territoires.
Un focus a été mis sur le marché spécifique de la prévention. Meilleur moyen pour atténuer les effets de l’augmentation des dépenses de santé, du vieillissement de la population et de la hausse des maladies chroniques, la prévention a fait l’objet d’actions spécifiques en 2025 et cette année. La banque publique a ainsi lancé, en février 2026, un fonds de 100 M€ sur la prévention numérique. En outre, elle a présenté le même mois les lauréats de l’accélérateur « Prévention numérique en santé » opéré par PariSanté Campus. À noter que la Bpifrance a annoncé mener de nouvelles mesures de prévention auprès de ses 4 500 collaborateurs.
Une cartographie des start-up santé
Fidèle à l’idée selon laquelle le secteur de la santé, notamment des biotechs, est contracyclique, la banque publique s’est montrée effectivement très ambitieuse pour l’année 2026. Elle a réaffirmé son ambition d’investir 10 milliards d’euros dans la santé d’ici à 2030, pour « accélérer la dynamique French Care » (communauté des professionnels de la santé en France).
Pour poursuivre la structuration de l’écosystème santé, qui reste l’une de ses priorités, la banque publique a aussi annoncé la création d’un observatoire des start-up santé. Il rejoindra les autres structures déjà lancées en partenariat avec Dealroom, l’observatoire greentech, l’observatoire des start-up industrielles et, enfin, l’observatoire des deeptech, tous réunis sous la bannière « Radar de l’innovation ».