Imagerie cardiaque : l’AP-HP se dote d’une plateforme pour accélérer l’innovation
Officiellement lancée le 8 avril prochain, MIRACL.ai vise à centraliser et à exploiter, à grande échelle, les données d’imagerie cardiaque. Objectif : faciliter la recherche clinique et devenir un outil de validation pour certaines technologies développées par les start-up medtech.
Portée par deux médecins de l’AP-HP, la plateforme MIRACL.ai (Multimodality Imaging Research Analysis and Core Laborarory) sera officiellement lancée le 8 avril, à l’occasion de sa première journée scientifique. Organisé à l’hôpital européen Georges Pompidou AP HP, l’événement a pour but de présenter la plateforme et ses premiers résultats. « MIRACL.ai fonctionne comme un core lab d’imagerie pour structurer la lecture et la centralisation des examens d’imagerie cardiaque, dans une perspective de recherche et de publication scientifique », explique Gilles Soulat, radiologue à l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP et porteur du projet. La plateforme intègre des outils d’analyse avancés, fondés sur l’intelligence artificielle, pour exploiter des données d’imagerie cardiaque (IRM, scanner, échographie, médecine nucléaire, etc.). Le core lab réunit actuellement sept centres académiques : l’hôpital Lariboisière, l’hôpital européen Georges-Pompidou, les CHU d’Amiens Picardie et de Rouen Normandie, l’Institut cardiovasculaire Paris Sud, l’Institut cœur poumon et le CHRU de Nancy. « Cela fait un peu plus de vingt mois que nous travaillons sur le développement de ce core lab, qui bénéficie du soutien financier de l’Institut Carnot, à hauteur de 500 000 euros sur deux ans », indique Théo Pezel, cardiologue à l’hôpital Lariboisière et porteur du projet.
MIRACL.ai fonctionne comme un core lab d’imagerie pour structurer la lecture et la centralisation des examens d’imagerie cardiaque
Gilles Soulat
Une quinzaine de collaborations académiques
Aujourd’hui, la plateforme est principalement utilisée dans le cadre d’études cliniques. Elle a déjà contribué à la constitution de bases de données de référence sur des pathologies à fort enjeu clinique, comme la myocardite ou les polyvalvulopathies. « Des équipes académiques nous sollicitent lorsqu’elles lancent une étude et qu’elles ont besoin d’une structure capable de gérer les images produites dans ce cadre. Notre rôle consiste à collecter les données d’imagerie dans chaque centre participant à l’étude, à les pseudonymiser pour garantir leur protection, puis à les stocker dans un environnement sécurisé », détaille Théo Pezel. Une fois centralisées, ces images sont analysées et annotées par les experts du consortium au sein du core lab. MIRACL.ai compte actuellement une quinzaine de collaborations à l’échelle nationale et européenne. Elle travaille notamment avec la société européenne de cardiologie (European Society of Cardiology, ESC) et des industriels, comme Bristol Myers Squibb. « Nous avons aussi été identifiés comme la plateforme de référence d’imagerie cardiaque dans le cadre du programme Impulsion, pour le dépistage du cancer du poumon », ajoute Gilles Soulat.
Un outil de pointe pour les start-up
À terme, les données collectées par la plateforme pourraient également servir à accompagner des start-up medtech développant des algorithmes d’analyse d’imagerie. « Pour obtenir un marquage CE, ces entreprises doivent démontrer la performance et la robustesse de leurs outils. Notre plateforme pourrait justement servir de structure indépendante pour valider ces algorithmes à partir de données réelles », souligne Théo Pezel. Par ailleurs, une fois le marquage CE obtenu, les industriels doivent régulièrement réévaluer la performance de leurs dispositifs. « L’idée serait donc de proposer également ce service de revalidation et de suivi post-marquage », poursuit Gilles Soulat. Si aucune collaboration de ce type n’a encore été concrétisée, plusieurs start-up ont déjà manifesté leur intérêt pour ce modèle, selon les porteurs du projet.
