Agriculture : trois start-up pour réduire l’utilisation de pesticides

26 février 2024

Mohamad Issaoui, cofondateur de la start-up Agrodynalux (DR)

Le Salon de l’agriculture a ouvert le 24 février dernier. Derrière les tensions qui agitent la filière agro-alimentaire, les laboratoires continuent d’innover pour soutenir le verdissement de l’agriculture. Nous avons identifié trois start-up qui portent chacune une solution pour rendre l’agriculture plus durable.

L’agriculture fait bien partie des priorités du gouvernement. « Innover pour une alimentation saine et durable » est bien en sixième position des objectifs de France 2030. La stratégie a donné lieu au lancement de plusieurs programmes. L’Inrae pilote ou co-pilote dix Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR), en coopération avec Inria ou Inserm, notamment.

Les résultats tardent toutefois à se manifester, compte tenu des temps de développement de certaines technologies. C’est le cas notamment des alternatives aux pesticides. D’autant que le plan Ecophyto 2+, censé réduire de 50 % les pesticides chimiques d’ici à l’année prochaine, a été mis en « pause ».

La poursuite de la réduction des produits phytosanitaires reste néanmoins une nécessité de santé publique. La recherche publique est ainsi plus que jamais centrale pour accompagner ce mouvement. La rédaction de POC Media a identifié trois projets portés par des chercheurs en faveur d’une agriculture moins dépendante des pesticides, et qui ont donné naissance à une start-up :

  • Evolutive agronomy : des acariens pour protéger les cultures

La start-up créée début 2023 par des chercheurs d’Inrae Sophia Antipolis développe des solutions de biocontrôle pour remplacer les pesticides. Le procédé de l’entreprise s’appuie sur deux axes. D’abord, utiliser un acarien prédateur, présent naturellement dans les sols, pour attaquer les nématodes phytophages qui ravagent les maraîchages (tomates, melons…). L’équipe propose de faire croître les populations de ces acariens pour mieux protéger les cultures. Deuxièmement, Evolutive agronomy a mis au point un outil d’aide à la décision pour évaluer l’impact d’un environnement donné sur l’introduction d’un ennemi naturel, permettant aussi d’anticiper les effets du changement climatique. La start-up souhaite ainsi fournir des solutions « sur mesure » aux maraîchers.

Les solutions de l’entreprise visent à s’attaquer aux ravageurs des melons, concombres, salades, tomates, pommes de terre, carottes, betteraves, poireaux… Les premiers essais ont montré une diminution des attaques de nématodes de 30 % et une prolongation des récoltes de deux mois selon l’entreprise. L’équipe vient ainsi de lancer une campagne de crowdfunding, pour financer l’élevage des premières populations d’acariens.

  • AgroDynaLux : le désherbant photosensible

L’entreprise a été créée en 2021 par Mohamad Issaoui, chercheur au laboratoire LABCiS (Université de Limoges). Le projet, lauréat du concours d’innovation i-PhD puis i-Lab, consiste à concevoir et à fabriquer une nouvelle gamme de désherbants écoresponsables. La solution d’AgroDynaLux est particulièrement originale : elle utilise l’action de la lumière pour solliciter les « propriétés physico-chimiques » de certaines molécules. « Activées » par la lumière, les molécules photosensibles vont s’attaquer à certaines plantes, tout en préservant les plantes d’intérêt économique.

Ce désherbant est présenté comme une alternative aux produits phytosanitaires conventionnels (glyphosate). C’est aussi une alternative aux produits de biocontrôle.

La start-up, accompagnée par l’incubateur Avrul de l’Université de Limoges, souhaite effectuer une première levée de fonds de 1,5 million d’euros. Le dirigeant espère une commercialisation des premiers produits d’ici à 2030.

  • Seed in Tech : soutenir la croissance des jeunes plantes

Seed in Tech, créée en 2021, conçoit une technologie innovante d’amorçage de la germination des semences grâce à des procédés de stimulation biosourcés et bio-inspirés. La solution de la start-up, développée au sein de l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Université Paris-Saclay/INRAE/AgroParisTech), puis accompagnée par la Satt Paris-Saclay, s’appuie sur les mécanismes naturels de défense des semences, qu’elle stimule via, notamment, l’ajout de biomolécules, pour améliorer la santé de la semence et de la plantule sur les premières semaines de vie. Les solutions permettent, entre autres, de lever les phénomènes de « dormance » (blocages de la germination) des semences.

Cette solution de « smart priming » optimise la levée des plants, accroît la résilience des plants face aux contraintes environnementales et renforce l’immunité des semences et des jeunes plants. Par conséquent, ce procédé réduit l’utilisation d’intrants ou de phytopharmaceutiques.

Retrouvez les autres actualités thématiques de poC média

Inscription Newsletter

Vous souhaitez suivre l'actualité des technologies deeptech ?

Recevez gratuitement une newsletter par semaine

Je m'inscris
Fermer