Au tiers-lieu d’expérimentation UX CARE, Genopole et le CHSF s’associent pour tester les innovations numériques en santé

21 septembre 2026

Piloté par Genopole, le Tiers-lieu d’expérimentation UX CARE accompagne les porteurs de solutions numériques de leur conception jusqu’à l’accès au marché. D’abord consacré au diabète, il s’appuie sur le Centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF) pour confronter les technologies aux usages des patients et des soignants.

Une technologie prometteuse ne suffit pas à garantir son adoption. Beaucoup de jeunes entreprises découvrent des obstacles, parfois après avoir engagé des dépenses importantes : exigences réglementaires, intégration dans l’hôpital, acceptabilité par les professionnels et les patients ou politique d’achat. 

Entré en phase opérationnelle en 2026 avec le soutien de France 2030, UX CARE (anciennement D4MedTech) veut intervenir avant que ces difficultés ne compromettent les projets. « Le fait de tester en conditions réelles permet de détecter très tôt les éventuels points d’achoppement et d’apporter les ajustements nécessaires », explique Natacha Vitrat, responsable de l’innovation biomédicale et numérique à Genopole et directrice opérationnelle d’UX CARE. Au-delà du bénéfice clinique, le tiers-lieu mesure l’impact organisationnel et médico-économique de l’innovation : peut-elle s’intégrer aux pratiques de l’hôpital ? Quel changement impose-t-elle aux équipes ? Son coût reste-t-il compatible avec les capacités d’achat des établissements ?

Du protocole clinique à l’accès au marché

UX CARE cible en priorité des technologies numériques ayant atteint un niveau de maturité TRL 4 à 5, déjà testées sur un premier échantillon représentatif. Un comité technique les examine en se basant notamment sur les perspectives de marché, la concurrence, la propriété intellectuelle, l’équipe et surtout le bénéfice attendu pour les patients. « Cet audit 360° permet de déboucher sur des recommandations ciblées qui permettent d’optimiser le temps, les coûts et l’efficacité opérationnelle », souligne Natacha Vitrat.

Les membres du consortium se répartissent ensuite les missions d’accompagnement selon les besoins. Au-delà de la coordination du programme, Genopole apporte son expertise en innovation et entrepreneuriat. Le CHSF ouvre l’accès au terrain clinique, aux professionnels de santé et aux patients. La SATT Paris-Saclay intervient sur les sujets de valorisation et transfert de technologies, tandis que le CERITD met à disposition son expérience de recherche et soins dans le diabète. Resonance Health Europe vise à accélérer le développement de l’innovation à l’échelle européenne.

UX CARE accompagne les entreprises dans le montage et la mise en œuvre de leur expérimentation, conseille sur les aspects règlementaires et la stratégie d’accès au marché. Selon la classe du dispositif médical numérique, le temps d’accès au marché peut prendre de 18 à 24 mois. « Notre rôle à Genopole est aussi d’être un tiers de confiance. Nous ne participons pas au capital des entreprises que nous accompagnons », ajoute Nahil Jacquemier, directrice du département Marketing et Communication de Genopole. Le biocluster peut notamment conseiller les fondateurs sur la structuration de leur équipe et les compétences à recruter.

MFDeep, premier test grandeur nature

Le premier projet accompagné, MFDeep, est développé par la medtech NeuTigers. La technologie combine les données d’une montre connectée, des informations cliniques et des algorithmes d’IA pour mieux prédire les risques de macrosomie fœtale, soit un poids du fœtus anormalement élevé pour son âge gestationnel, chez les femmes présentant un diabète gestationnel. UX CARE a aidé l’entreprise à construire son protocole clinique et prépare le lancement d’une étude portant sur 400 patientes récrutées par le CHSF.

Une quinzaine de projets sont actuellement à l’étude, principalement dans la prévention du diabète et de ses complications. Deux font l’objet d’une demande de co-financement public, pour des expérimentations pouvant atteindre 750 000 à 850 000 euros. UX CARE vise dix projets accompagnés d’ici fin 2028.

UX CARE bénéficie pour sa structuration d’une subvention d’État de 790 568 euros, complétée par deux enveloppes de 250 000 euros pour soutenir les premières expérimentations. Le tiers-lieu n’est toutefois pas entièrement financé par les aides publiques : les recettes issues des prestations de services rendues viennent équilibrer le budget. 

Une collaboration engagée depuis 2008

UX CARE prolonge une coopération engagée dès 2008 entre Genopole et le CHSF autour du Centre de recherche clinique et translationnelle sud-francilien. Elle se traduit également par un appel à idées destiné à soutenir l’innovation portée par les personnels médicaux, paramédicaux et administratifs de l’hôpital. Les lauréats peuvent recevoir de Genopole jusqu’à 10 000 euros pour réaliser une première preuve de concept et bénéficient d’une mise en relation ciblée avec des laboratoires, des entreprises ou des écoles d’ingénieurs de l’écosystème, avec le support de l’agglomération Grand Paris-Sud.

« L’objectif est de faire émerger des solutions proposées par les usagers eux-mêmes pour répondre à des problématiques réelles de leur quotidien. Cela évite de développer des innovations déconnectées de la pratique », insiste Natacha Vitrat. Certains porteurs peuvent ensuite rejoindre les programmes Shaker ou Gene.iO de Genopole pour structurer une entreprise, protéger leur innovation et rechercher des financements ou de premiers contrats précise Nahil Jacquemier.

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