France 2030 : 16 lauréats sélectionnés pour évaluer les nouvelles méthodologies de recherche clinique

10 avril 2026

L’Agence d’innovation santé (AIS) a officialisé les projets retenus dans le cadre de l’appel à manifestations d’intérêt pour promouvoir les nouvelles méthodologies de recherche clinique. Ces 16 lauréats seront financés pour définir les cas pilotes et des outils pour compléter ou remplacer les essais cliniques randomisés.

Disposer de méthodologies de recherche clinique pour les maladies rares ou à évolution lente. C’est dans cette optique que l’Agence d’innovation santé (AIS) a dévoilé 16 projets lauréats pour son appel à manifestations d’intérêt (AMI) sur les nouvelles méthodologies de recherche clinique. Soutenu par France 2030, l’AMI d’un budget de trois millions d’euros vise à sélectionner des cas pilotes dans lesquels l’usage de trois nouvelles typologies d’outils de recherche clinique, pouvant compléter les traditionnels essais cliniques randomisés. Sélectionnés parmi 51 lettres d’intention, les lauréats vont pouvoir d’un financement pouvant atteindre 250 000 euros et d’un accompagnement (méthodologique et réglementaire) de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, de la Commission nationale informatique et libertés et du Health Data Hub.

Trois outils innovants ciblés

Dans le cadre de cet AMI, trois outils ou méthodologies vont être ciblées. D’une part, nous avons la modélisation/simulation : l’idée est d’inclure des données virtuelles ou de santé pour améliorer la solidité d’une étude ou créer de nouvelles informations utiles à la prise en charge. D’autre part, l’appel se penchera sur la pertinence des outils statistiques avancés, parmi lesquels le machine learning, l’intelligence artificielle, etc. Enfin, l’AMI cible les projets susceptibles de mettre en place tout ou partie d’étude en vie réelle. Dans ce cadre, l’évaluation des nouveaux traitements pour faire l’objet d’une émulation ou d’un enrichissement de sources de données (issues de cohortes, d’entrepôts ou de registres). « Le développement de nouvelles méthodologies de recherche clinique offre de nouvelles opportunités d’évaluation d’efficacité et d’accès à des traitements innovants pour les patients. Cela représente un immense espoir dans de nombreuses situations pour lesquelles l’évaluation classique serait trop longue, complexe voire impossible », déclare Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Oncologie et maladies rares en force

Parmi les 16 projets qui ont été retenus dans le cadre de cet appel, pas moins de neuf concernent le domaine de l’oncologie. Ainsi, nous retrouvons plusieurs projets portés par Unicancer. Par exemple, le projet ETNA-DCT vise à valider une méthodologie d’un essai de désescalade pour le cancer du sein triple négatif précoce avec infiltration de lymphocytes dans les tumeurs. Autre projet d’Unicancer retenu : Logican-Boost. Il a pour ambition d’accélérer l’inclusion par intelligence artificielle et de mener une décentralisation contrôlée d’un essai clinique dans les cancers gastro-œsophagiens avancés. Autre centre de recherche bien représenté parmi les lauréats en oncologie : l’Institut Gustave Roussy avec deux projets sur les cancers rares. D’une part, nous retrouvons ACCESS-RARE qui a pour objectif de mettre au point des méthodologies innovantes pour évaluer l’immunothérapie et améliorer l’accès aux traitements dans les cancers rares, avec une application au cancer de la thyroïde. D’autre part, il y a le projet ADIUVO-Speed, qui souhaite combiner une cohorte parallèle et un bras synthétique dans les essais randomisés pour les cancers rares de la surrénale.

En dehors de l’oncologie, le domaine des maladies rares fait partie des projets les plus représentés avec deux dossiers retenus. Ainsi, nous retrouvons l’étude INVENTS+ portée par l’Inserm. Elle vise à appliquer des méthodes de simulation et modélisation pour créer des contrôles virtuels et augmentés dans les essais cliniques à petits effectifs en maladies rares. En parallèle, le projet SILICO porté par l’Institut IMAGINE a également été sélectionné. Il a pour ambition d’utiliser des méthodes in silico pour augmenter les données sur les maladies rares, avec un cas d’usage dans les ciliopathies.

En dehors de l’oncologie et des maladies rares, d’autres projets ont été désignés lauréats de l’AMI dans les champs de l’hématologie (projet Synergy du Lysarc), de la cardiologie (Heart-AI3D de Sorbonne Université), de l’immunologie/allergologie (Camelia de l’Inria), de l’orthopédie (Twinical de Sorbonne Université) et les données d’accès précoces (projet Dante porté par la Filière IA et Cancer).

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