Robotique : l’Ensta et l’Amiad développent les drones du futur pour la défense

13 avril 2026

(c)Jérémy Barande

Porté par l’Ensta et l’Amiad, le laboratoire commun Lariad a été créé pour travailler sur la nouvelle génération de drones aéroterrestres. Les partenaires comptent s’appuyer sur leurs expertises respectives pour mener des recherches dans les champs de la robotique et l’intelligence artificielle. Des travaux qui devraient s’accélérer avec l’ouverture prochaine d’une plateforme expérimentale dédiée aux essais de coordination entre véhicules terrestres et aériens.

Il s’agit de la suite logique d’une collaboration initiée il y a plusieurs années. Le 18 février dernier, l’École nationale supérieure des techniques avancées (Ensta) et l’Agence ministérielle pour l’IA de défense (Amiad) ont officialisé la création d’un laboratoire commun : le Lariad. Il doit mener des travaux de recherche sur l’intelligence artificielle appliquée aux robots et aux drones militaires. « Ce laboratoire concrétise la volonté de l’Ensta, établissement membre fondateur de l’Institut polytechnique Paris, de développer une expertise sur la robotique outdoor. Le pôle recherche de l’Amiad, créé en 2024 sur le campus de l’École polytechnique, développe des algorithmes d’IA pour la défense, notamment dans le domaine de la robotique. Il est donc logique de mettre en commun des ressources pour bénéficier de synergies », explique Alexandre Chapoutot, enseignant-chercheur de l’Unité d’informatique et d’ingénierie des systèmes (U2IS) et directeur opérationnel adjoint du Lariad. En outre, cela va faciliter la collaboration des personnels de recherche entre les deux entités pour mener des développements communs.

Quatre volets de recherches

Quatre axes seront explorés par les équipes de recherche et d’ingénierie du Lariad. Ainsi, des travaux vont être menés sur la mobilité des drones en terrain déstructuré ainsi que sur leur coordination. « Qu’ils soient terrestres ou aériens, ces différents types de robots devront se déployer de concert sur des théâtres d’opérations non structurés pour accomplir des missions variées, telles que la reconnaissance ou le sauvetage », détaille Alexandre Chapoutot. Au niveau de la robotique, le laboratoire se focalisera, dans un premier temps, sur les systèmes roulants et, bientôt, les quadrupèdes. Un autre volet de recherche du LabCom considérera l’interaction humain-robot, en particulier l’intégration de l’IA à la commande vocale ou par gestes. Enfin, un dernier axe de travail concerne l’explicabilité de l’IA, comme l’indique Alexandre Chapoutot : « Compte tenu des exigences du secteur de la défense en matière de sécurité et de sûreté, il est indispensable de travailler sur la fiabilité décisionnelle et la robustesse du dispositif. » Le recrutement de trois doctorants financés par l’Amiad est déjà réalisé et deux autres en Cifre, initiés avec la Base industrielle et technologique de défense (BITD), sont prévus. « Le LabCom reste ouvert à l’arrivée de nouvelles collaborations. Un autre partenaire historique de l’Ensta, l’Onera, pourrait rejoindre l’aventure, dans un premier temps, au travers d’un projet scientifique collaboratif financé par le dispositif Sesame-Feder », stipule Alexandre Chapoutot.

Si les travaux menés par le Lariad sont destinés, en premier lieu, aux applications militaires, les technologies mises au point pourront bénéficier à d’autres secteurs. « Les nouvelles générations de robots et de drones développés dans le cadre du LabCom pourraient servir à des applications de transport autonome pour désenclaver des lieux isolés ou, encore, des interventions en sécurité civile (feux de forêt, etc.) », cite Alexandre Chapoutot.

Les nouvelles générations de robots et de drones développés dans le cadre du LabCom pourraient servir à des applications de transport autonome

Alexandre Chapoutot, directeur opérationnel adjoint du Lariad.

Une arène à drones en construction

Pour mener à bien ses travaux au Lariad, l’Ensta va pouvoir bénéficier d’un terrain d’expérimentation en extérieur à l’horizon 2027. « Coporté avec l’Onera, le projet Sesame-Feder nous a valu un financement de deux millions d’euros en vue de la construction d’une plateforme de démonstration dédiée à la coopération aéroterrestre de drones. S’étendant sur 700 m² et 10 m de hauteur, cette arène équipée de capteurs permettra d’approfondir les développements dans les domaines de la navigation sans GPS et de l’apprentissage profond pour des tâches de compréhension du terrain », précise Alexandre Chapoutot. Cette plateforme d’expérimentation permettra la montée en maturité des algorithmes développés en laboratoire en les confrontant à une réalité terrain.

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