Grand Ouest : mutualiser la recherche pour faire émerger les innovations avec HUGO

4 octobre 2026

Le Groupement de coopération sanitaire des Hôpitaux universitaires du Grand Ouest renforce son soutien à l’innovation dans son projet stratégique 2026-2029. Appels à projets et expertises partagées accompagnent les équipes hospitalières et les professionnels de ville.

Pour réunir les moyens nécessaires à l’innovation, HUGO mise sur la coopération: organisé depuis 2013 en groupement de coopération sanitaire (GCS), il rassemble six CHU (Angers, Brest, Nantes, Orléans, Rennes et Tours), l’Institut de cancérologie de l’Ouest, le CH du Mans et le CHD de Vendée. « L’innovation était déjà dans l’ADN du groupement HUGO depuis ses origines », rappelle Arnaud Chazal, son délégué général. Le nouveau projet stratégique lui donne une place centrale dans le soin, l’enseignement et la recherche. Aux activités déjà structurées, comme la génomique et le partage des données de santé avec l’Ouest Data Hub, s’ajoute une feuille de route sur l’intelligence artificielle.

Financer les projets, partager les expertises

Au sein de cette structure, le GIRCI Grand Ouest, groupement interrégional de recherche clinique et d’innovation, porte le volet recherche. Son périmètre dépasse les membres de HUGO : ses actions bénéficient aux établissements publics et privés d’intérêt collectif de Bretagne, des Pays de la Loire et de Centre-Val de Loire. Le GIRCI organise les campagnes d’appels à projets inter-régionaux pilotés par la DGOS : Programme hospitalier de recherche clinique interrégional (PHRC-I) et  Recherche en Soins Primaires (ReSP-Ir). Sur ses fonds propres, il soutient aussi les paramédicaux et les chercheurs émergents. L’appel à projets « Jeune chercheur étude » finance ou cofinance leurs projets ; « Jeune chercheur mobilité » accompagne des séjours à l’étranger dans un parcours hospitalo-universitaire et « Recherche paramédicale » soutient des projets portés par des paramédicaux de l’inter-région. Occasionnellement, un appel à projets thématique complète ces dispositifs, comme celui sur la recherche en simulation en santé en 2026. Des experts rattachés aux délégations à la recherche clinique et à l’innovation mettent leurs compétences à disposition de l’interrégion : Biostatistiques et méthodologie, Évaluation médico-économique, Formation, Centres de données cliniques, Assurance qualité, Europe, etc., . En complément de ces réseaux de compétences, une quinzaine de réseaux d’investigateurs labellisés fédèrent aussi les équipes autour de projets communs.

Des expérimentations collectives, sans rôle d’incubateur

HUGO peut travailler avec des industriels sur des projets précis. «Notre réseau a ainsi investi collectivement dans un équipement de simulation pour la chirurgie de la cataracte, partagé entre plusieurs centres. Avec une entreprise de Laval, il a aussi expérimenté un kit de réalité virtuelle immergeant les professionnels de gériatrie dans une chambre d’Ehpad à des fins de formation.», explique Jean-Yves Robert, chargé de mission au GIRCI Grand Ouest Le groupement n’est toutefois ni un incubateur ni un intermédiaire systématique entre hôpitaux et entreprises. Une convention existe avec Biotech Santé Bretagne et avec d’autres acteurs de l’écosystème interrégional d’innovation en santé. Les sept tiers-lieux d’expérimentation numérique en santé du Grand Ouest collaborent avec ses équipes, mais sans partenariat global formalisé. Créé en 2023, le Réseau Innovation du GIRCI anime ces échanges entre établissements. Une journée le 11 septembre à Vannes était consacrée à la pertinence des intelligences artificielles en santé.

En ville, le temps de recherche reste un verrou

ReSP-Ir élargit cette dynamique aux soins de proximité. La DGOS met à disposition une enveloppe de 1,12 million d’euros pour soutenir les projets de recherche en soins primaires du Grand Ouest ; six projets ont été retenus lors de la campagne achevée en juillet 2026, avec des financements pouvant atteindre 300 000 euros par projet. Mais l’accès des libéraux à la recherche reste inégal. La plupart des lauréats disposent d’« un temps universitaire », observe Jean-Yves Robert. Une fois le projet financé, le temps de recherche peut être pris en charge. En revanche, le travail préalable de montage ne bénéficie pas de financement dédié. « La première urgence, c’est effectivement d’acculturer et soutenir les professionnels, par exemple de sanctuariser un temps dédié à la recherche », insiste-t-il. L’autre enjeu est de mieux faire connaître les professionnels ressources pour permettre aux acteurs de ville de s’appuyer sur ces expertises.

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