Résultats du baromètre Unys × OpinionWay : un intérêt massif pour la recherche publique, mais des collaborations encore rares

16 septembre 2026

Neuf dirigeants sur dix jugent nécessaire de rapprocher les entreprises de la recherche publique, mais moins d’un quart ont déjà engagé une collaboration. Un baromètre OpinionWay pour Unys met en lumière les obstacles qui entretiennent ce fossé, alors que la santé apparaît comme le premier secteur pénalisé.

Les entreprises françaises veulent travailler avec la recherche publique, mais peu d’entre elles franchissent réellement le pas. C’est le principal enseignement du baromètre publié par Unys et OpinionWay :91% des dirigeants interrogés estiment qu’«il serait plutôt voire très important de renforcer les liens entre la recherche publique et les entreprises, afin d’améliorer la compétitivité en France ». Pourtant, seuls 24 % déclarent avoir déjà collaboré avec un organisme public, comme une université ou le CNRS. « Dans cet écart se joue bien plus qu’un simple problème de coopération : c’est une partie du potentiel d’innovation français qui reste inexploité », souligne Hélène Boulanger, porte-parole d’Unys et présidente de l’Université de Lorraine.

Des bénéfices encore difficiles à identifier

Le sondage fait apparaître une recherche publique reconnue dans son principe, mais encore mal comprise dans ses applications. À l’échelle nationale, 61 % des chefs d’entreprise disent connaître son rôle et ses missions. Ils ne sont toutefois plus que 51 % à bien cerner ce qu’elle pourrait apporter à leur propre activité. Chez ceux qui n’ont encore jamais travaillé avec un organisme public, cette part descend à 43 %. 

L’intérêt existe pourtant : 90 % des dirigeants identifient au moins un besoin auquel une collaboration pourrait répondre. La prestation ponctuelle d’un laboratoire, pour réaliser un test, une analyse ou une expertise, arrive en tête, citée par 51 % des répondants. L’accès à des équipements publics est mentionné par 29 %, devant un projet commun avec un laboratoire (27 %), une collaboration avec une start-up issue de la recherche (24 %) ou la licence d’un brevet (22 %). Les engagements plus longs restent en retrait : 17 % envisagent un laboratoire commun et 15 % le financement d’un doctorant.

Méconnaissance et complexité administrative

Le premier frein n’est pas le manque de confiance, mentionné par seulement 15 % des dirigeants, mais le défaut de lisibilité. Plus de la moitié (53 %) connaissent mal les travaux des laboratoires et les partenariats possibles. Pour 86 %, les résultats de la recherche publique sont également insuffisamment mis en valeur en France. À cette méconnaissance s’ajoutent des obstacles opérationnels. La complexité des démarches administratives est citée par 52 % des répondants. Près d’un dirigeant sur deux (47 %) pointe également le décalage entre les objectifs, les priorités et les rythmes des entreprises et ceux de la recherche académique. Ce fossé contraste avec les bénéfices attendus. Presque tous les dirigeants interrogés (99 %) associent un rapprochement à au moins un avantage : une meilleure compétitivité (64 %), davantage d’innovations « made in France » (60 %), moins de fuite des talents (53 %) ou plus d’emplois (50 %).

La santé en première ligne

« Dans un contexte géopolitique tendu, ce manque de collaboration impacte directement l’innovation ainsi que la compétitivité de la France », estime Hélène Boulanger. Dans le domaine de la santé, la capacité à relier laboratoires, hôpitaux et industriels conditionne notamment le transfert d’une découverte vers un médicament, un dispositif médical ou un outil numérique utilisable par les soignants et les patients. Pour réduire cette distance, 69 % des dirigeants demandent en priorité une simplification des démarches administratives. Une meilleure information sur les collaborations possibles et des aides financières plus simples et plus importantes sont chacune citées par 52 %. La création d’un interlocuteur unique, capable d’orienter les entreprises vers les chercheurs adaptés, convainc 43 % des répondants ; 40 % souhaitent aussi davantage d’occasions de rencontre. Unys entend précisément jouer ce rôle d’interface en fédérant les acteurs lorrains de la recherche et de l’innovation. « Les difficultés exprimées par les dirigeants ne sont pas une fatalité : Unys a justement été créé pour y répondre », affirme Hélène Boulanger.

Sondage OpinionWay pour Unys mené en mars et avril 2026 auprès de 400 dirigeants d’entreprises françaises d’au moins 20 salariés, et de 1 045 adultes représentatifs de la population française.

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