La start-up Peasy développe un dispositif innovant pour l’incontinence urinaire masculine
Le projet Peasy vise à mettre au point un dispositif médical innovant pour améliorer la prise en charge de l’incontinence urinaire masculine. Objectif : proposer une alternative plus confortable et plus simple d’usage aux étuis péniens, une des solutions de référence.
Mieux prendre en charge l’incontinence urinaire masculine : telle est l’ambition du projet Peasy, issu de cinq années de recherche académique. L’équipe planche sur le développement d’un dispositif médical de classe I destiné à remplacer le produit de référence actuellement remboursé, l’étui pénien. Celui-ci ressemble à un préservatif enrichi d’un adhésif lui permettant de se maintenir en place. Une fois collé, l’urine s’écoule dans une poche de recueil et le dispositif doit être remplacé quotidiennement. « Ce système peut provoquer des irritations et des douleurs au moment du retrait. Par ailleurs, il existe plusieurs tailles : si le modèle choisi n’est pas adapté, cela peut entraîner des fuites », explique Fabienne Hirigoyenberry-Lanson (photo), directrice des opérations du projet.
Un prototype préindustriel
Pour pallier ces désagréments, Peasy a mis au point un procédé à taille unique, reposant sur un système de fixation sans adhésif cutané. À usage unique, il est conçu en polyuréthane thermoplastique (TPU) de grade médical et est compatible avec l’ensemble des poches de recueil d’urine existantes. « Le dispositif se positionne sur le gland, en regard du méat urinaire, ce qui limite fortement la zone de contact avec la peau. Il est ensuite recouvert par le prépuce, puis maintenu en place grâce à un collier de serrage souple conçu pour éviter tout risque de fuite », précise Fabienne Hirigoyenberry-Lanson.
Protégé par deux brevets, le produit est proche de la phase d’industrialisation. Un prototype préindustriel fait actuellement l’objet d’une étude clinique au CHU de Nîmes. La création d’une start-up est prévue en juillet 2026, dans le cadre d’un transfert de technologie associant cinq institutions académiques (le CNRS, l’Université de Montpellier, l’ENSCM et les CHU de Montpellier et Nîmes) et la SATT AXLR, qui a porté le projet.
Notre dispositif pourra être prescrit par des chirurgiens, urologues, gériatres et neurologues
Nicolas Dubost
Une levée de 1,2 M€ d’ici à la fin de l’année
D’ici à la fin d’année, la start-up envisage de lever 1,2 M€ en seed pour organiser la production, le marquage CE et mettre en place les dossiers de remboursement du dispositif. « Nous devrions être prêts pour le marquage CE mi-2027 », confie Nicolas Dubost, directeur général du projet. Une fois ce marquage obtenu, l’entreprise sera prête à commercialiser son produit, une étape prévue début 2028. Pour le démarrage, elle vise cinq marchés clés : France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni. « Nous allons commencer par la France, puis nous prioriserons les pays pour lesquels nous irons vite à obtenir le remboursement », précise Nicolas Dubost (photo). Le prix du dispositif devrait être aligné à celui de l’étui pénien, fixé à deux euros dans l’Hexagone. La commercialisation sera effectuée via des partenaires distributeurs. « Notre dispositif pourra être prescrit par des chirurgiens, urologues, gériatres et neurologues. Il sera aussi utilisé par les EHPAD, maisons de retraite et prestataires de soins à domicile. Enfin, une approche directe au consommateur sera développée », détaille Nicolas Dubost.
Si le système vise, en premier lieu, à être une alternative aux étuis péniens, il pourrait aussi concurrencer d’autres solutions, notamment les protections absorbantes qui sont largement utilisées pour traiter l’incontinence urinaire. Selon les porteurs de projet, le marché des solutions de prise en charge de l’incontinence masculine est estimé à 4,5 Mrds € au niveau mondial. Les protections absorbantes représentent la plus grande part, avec environ trois milliards d’euros, tandis que le marché des étuis péniens est évalué à 500 millions d’euros. Malgré ce potentiel économique, le secteur a connu peu d’innovations depuis des décennies. L’incontinence urinaire touche pourtant 15 % de la population masculine, avec une prévalence de 30 % après 60 ans.
Ce qu’il faut retenir
- Valeur ajoutée de la solution : Moins de risque de fuite et système de fixation sans adhésif cutané, ce qui limite les irritations de peau, comparé à l’étui pénien. Le dispositif génère moins d’odeurs et de déchets que les protections absorbantes.
- Les besoins de financement : 1,2 M€ d’ici à fin 2026 en seed.
- Marché visé : la prise en charge de l’incontinence urinaire masculine.
- Niveau de TRL : 7