L’AVRUL se recentre sur son territoire
L’AVRUL est installé dans les locaux de la Technopole ESTER, à Limoges
La filiale de valorisation de l’Université de Limoges veut profiter de son recentrage sur le territoire limousin pour développer sa visibilité et ses activités. Une ambition qui repose toutefois sur sa capacité à développer ses activités partenariales pour financer ses nouvelles actions.
Le projet porté par l’Université de Limoges n’a pas été retenu à l’appel à projets PUI en 2021. L’établissement a ainsi décidé de faire sans. L’AVRUL a ainsi affiché la semaine dernière sa volonté de développer son “territoire de marque”. Cette évolution implique d’abord de mieux faire connaître ses activités auprès d’un public diversifié, de chercheurs jusqu’aux entreprises innovantes hors Nouvelle-Aquitaine. Et ensuite de devenir le partenaire de référence pour les acteurs, actifs ou en création, souhaitant innover notamment en photonique, hyperfréquences, matériaux céramiques.
Cette stratégie doit servir une volonté de développer les activités de l’AVRUL sur toutes les étapes du continuum de l’innovation. L’agence a identifié une trentaine d’actions prioritaires pour renforcer sa mission. L’AVRUL souhaite mettre en place une prospection ciblée associée à une démarche de développement commercial, en s’inspirant des meilleures pratiques nationales. Cet effort autant vers l’ aval que vers l’amont, « doit s’accompagner d’un renforcement de la relation client et d’outils CRM qui nous font aujourd’hui défaut » explique Youssef Boughlem, directeur de l’AVRUL. La mise en place de cellules de transfert au sein des laboratoires est une autre action. « Nous allons lancer un appel à projets pour accompagner des projets, avec un financement dégressif, avec une cible d’activité de 30% du volume total de contrats privés en vitesse de croisière. Cette stratégie intégrera également une dimension d’essaimage » explique Youssef Boughlem. L’AVRUL a également procédé à des prises de participation dans les spin-off issues des laboratoires de l’Université, démarche qu’elle souhaite développer avec le soutien de cette dernière.
En terme chiffré, l’agence a des objectifs clairs. En 2026, elle souhaite accompagner le dépôt de 22 déclarations d’inventions, déposer 15 brevets, licencier 9 brevets, et accompagner la création de 4 start-up deeptech. Cette ambition s’accompagne d’une volonté de développer la recherche partenariale. L’objectif de chiffre d’affaires est fixé à près de 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Un enjeu de visibilité et d’attractivité
Depuis 2025 l’AVRUL a gagné en visibilité. Elle a su obtenir la reconnaissance de l’Etat comme SATE. Cette évolution s’est accompagnée d’une évolution de son statut. Elle a troqué son statut d’association pour celui de SAS. « Cette évolution a permis de sécuriser et de clarifier les liens entre l’Université et sa filiale AVRUL » explique Youssef Boughlem. Enfin, depuis 2016, l’ensemble des missions de l’AVRUL fait l’objet d’objectifs contractualisés, pour les trois prochaines années. Ils devraient progresser de plus de 30 % en moyenne.
Les trois-quarts des porteurs de projets accompagnés par l’AVRUL, en matière d’incubation, ne sont pas issus du territoire limousin
Youssef Boughlem
La visibilité des offres de la filiale de valorisation doit désormais être davantage diffusée. Auprès de la communauté académique, ainsi qu’auprès des partenaires économiques. « Nous devons mieux faire connaître notre rôle, au-delà du monde académique ». L’AVRUL confirme qu’il va y avoir un effort sur la communication. Cet enjeu est important car la majorité des entreprises partenaires de l’agence ne sont pas installées dans la région Nouvelle-Aquitaine. « Les trois-quarts des porteurs de projets accompagnés par l’AVRUL, en matière d’incubation, ne sont pas issus du territoire limousin, et 70% des contrats signés le sont avec des entreprises hors Nouvelle-Aquitaine », précise Youssef Boughlem.
Un enjeu de financement
Cette montée en compétences de l’AVRUL s’inscrit dans une dynamique académique plus large, où les principaux sites universitaires développent leurs activités d’innovation et tentent de développer leurs liens avec les acteurs locaux. Aidés par les fonds de l’Etat, les 29 PUI ont pu mettre en place plus des dizaines d’actions pour accroître leurs activités d’innovation. Une approche similaire à celle de l’AVRUL, à la différence près que cette dernière ne reçoit pas d’aides extérieures sur des actions similaires. « Nous aurions pris plus de risques si le projet porté par l’Université de Limoges avait été labellisé PUI » confirme Youssef Boughlem.
Actuellement l’Avrul auto-finance plus de 50% de ses coûts hors investissement maturation, le reste étant couvert par les financements ciblés d’incubation issus de la Région Nouvelle-Aquitaine, Limoges Métropole et Etat. « Les finances des universités étant sous contraintes, nous donnons la priorité à la recherche partenariale pour renforcer nos actions » confie Youssef Boughlem. Plus de 90% des financements de la Satt-E étant fléchés vers l’investissement projet, la marge de progression de la recherche partenariale apparait importante.
L’AVRUL en chiffres
- Nombre de famille de brevets : 144
- Taux de licencing : 34%
- Co-maturation des projets : 60% (sur 25 projets de maturation engagés)
- Taux de valorisation (transfert) des projets en maturation : 67 %
- Nombre de start-ups créées : 4