PUI ValoCité : l’innovation à Paris Cité change d’échelle

7 avril 2026

Avec une cinquième place mondiale au classement Clarivate 2025 des universités sources d’innovation, l’Université Paris Cité s’est affirmée comme l’un des principaux moteurs de l’écosystème francilien. Membre et coordinateur du Pôle universitaire d’innovation (PUI) ValoCité, aux côtés de neuf autres fondateurs de premier plan, l’établissement veut donner un nouveau souffle à la transformation de la recherche d’excellence en solutions concrètes pour la société.

Financé à hauteur de six millions d’euros, le PUI ValoCité, animé par l’Université Paris Cité, s’appuie sur des partenaires académiques majeurs : Inserm, AP-HP et Institut Pasteur, piliers d’un vaste pôle universitaire de santé, ainsi que sur le CNRS et Inria, qui renforcent la dimension pluridisciplinaire du site. Il mobilise également des acteurs du transfert de technologies, tels qu’Inserm Transfert, la SATT Erganeo et l’incubateur Paris Biotech Santé. Pour le coordinateur du PUI, il était toutefois indispensable de commencer par créer de la cohésion entre les différents membres. « Nous avons construit notre dossier PUI autour d’une idée simple : faire plus et mieux ensemble, grâce à une gouvernance collégiale et agile », explique Stanislas de Montlebert, directeur du pôle partenariats, innovation et entrepreneuriat de l’Université Paris Cité. Cette « comitologie » vise, in fine, à fluidifier le « continuum de l’innovation » et à consolider la chaîne de valeur du site.

Une gestion de la PI commune

Une des actions qui illustrent le mieux cette démarche concerne la gestion des brevets. « Aujourd’hui, nos revenus ne sont pas négligeables, mais moins de 1 % des brevets représentent plus 90 % des revenus. Les membres du PUI ont des politiques et des cultures différentes en matière de gestion de la propriété intellectuelle. J’ai voulu que nous ayons des pratiques plus concertées et harmonieuses sur ce sujet tout en nous appuyant sur la stratégie de chacun », poursuit Stanislas de Montlebert. Cette situation s’explique aussi par des disparités fortes entre les membres. « Le portefeuille du PUI est très riche, mais il est géré par différents cofondateurs. Cette gestion est portée principalement par Inserm-Transfert, avec 50 % du portefeuille, et par la SATT Ergane, avec environ 25 % », ajoute Naceur Tounekti, président de la Satt Erganeo. « Il fallait ainsi commencer par assurer une coordination entre les acteurs et créer une gouvernance afin de partager les bonnes pratiques et de définir collectivement une politique de gestion du portefeuille de propriété intellectuelle à l’échelle du PUI. Dans ce cadre, Paris Cité a recruté un responsable de la PI pour le PUI », précise-t-il.

Cette démarche a également pour objectif de rationaliser le portefeuille existant et de permettre d’assurer un meilleur accompagnement pour promouvoir et traiter les innovations issues du territoire. Dans cette perspective, la SATT Erganeo a engagé des actions de rationalisation de sa part du portefeuille de manière concertée avec l’Université. « Nous avons rationalisé le portefeuille en choisissant d’abandonner, de maintenir certains brevets ou de les étendre uniquement sur certains territoires jugés plus pertinents. Ces décisions s’appuient principalement sur le potentiel de valorisation des technologies fondé sur une analyse des marchés concernés. Il faut préciser que nous avons mis en place un processus en cas d’abandon qui implique les établissements copropriétaires et les chercheurs inventeurs. Les copropriétaires suivent dans la grande majorité des cas la décision de la SATT. Et, au final, le chercheur peut aussi choisir de conserver son brevet. Il est important de ne pas braquer le chercheur et de lui laisser cette possibilité tout en partageant avec lui l’ensemble des informations », souligne Naceur Tounekti. Ce dialogue plus direct a également rappelé aux chercheurs l’intérêt de protéger leurs résultats, pour faciliter leur valorisation. Une démarche qui commence à porter ses fruits : on note une augmentation progressive du nombre de déclarations d’inventions.

Spécialiser les accompagnements

Cette volonté d’associer davantage les membres du PUI à chaque étape du continuum de l’innovation, pour gagner en efficacité, se retrouve aussi lors de la sélection des projets. C’est le cas, par exemple, dès la prématuration : la SATT participe, aux côtés des autres cofondateurs du PUI, aux comités mis en place par l’université pour analyser les projets et anticiper leurs besoins d’accompagnement. La comitologie pour les projets de maturation a également évolué avec une articulation PUI/SATT pour les décisions de financement de la maturation sur le fonds FNV. Erganeo reste le pilote de la maturation et ouvre son comité d’investissement aux membres du PUI. Cela permet de garantir une vision consolidée de l’écosystème sur le pipeline d’innovation, de la détection à la maturation avant transfert.

Ces échanges ont mis en évidence le besoin de renforcer l’accompagnement des projets, notamment au stade de la prématuration. Le PUI a créé un project studio, destiné à accompagner les projets hors biotech à cette étape. Pensé comme une « boîte à outils », le studio aide les porteurs de projets à réaliser un premier démonstrateur, à structurer leur approche marketing et à mettre leur solution en conformité sur le plan réglementaire. Le PUI veut, en particulier, s’appuyer sur cet outil pour proposer à ces projets en prématuration des études de marché « flash ». Pour ce faire, le PUI souhaite s’appuyer sur Erganeo pour utiliser la méthodologie mise en œuvre par certaines Satt, et fondée sur la méthode de Paul Millier, professeur à EM Lyon et auteur de « L’étude des marchés qui n’existent pas encore ». Le project studio offre aussi un accompagnement spécifique pour les projets en SHS, les dix premiers projets ont été sélectionnés.

L’innovation au service de la « santé planétaire »

Le PUI inscrit aussi ses actions dans la signature de l’Université : la santé planétaire (des humains en bonne santé au sein de sociétés en bonne santé sur une planète en bonne santé). Parmi les projets emblématiques, on retrouve Yumdeal (en partenariat avec l’association Liberté Living Lab) dédié à l’alimentation et à la santé des étudiants ou, encore, l’incubateur de projets sociétés, humanités.

Une autre initiative en lien avec cette thématique concerne la création d’un accélérateur biotech. Piloté par Inserm Transfert, il cible les innovations thérapeutiques, les solutions de diagnostic et les travaux en santé digitale. Le PUI a commencé à réaliser une cartographie des laboratoires, des chercheurs et des valorisateurs dans le domaine. « Il faut que l’outil que nous créons profite à tous. L’objectif est d’assurer un continuum, de la déclaration d’invention jusqu’au lancement d’une start-up en santé », déclare Stanislas de Montlebert. Le PUI veut accompagner les projets jusqu’au stade du financement, et a noué un partenariat avec une société de gestion, Turenne Groupe.

En attendant le Carnot

Dernier étage de la pyramide, la recherche partenariale doit être stimulée par les actions du PUI. L’Université a pu créer la fonction développement de la recherche partenariale et a embauché ses quatre premiers chargés d’affaires. L’objectif est double : renforcer les passerelles avec les parties prenantes du monde socioéconomique et travailler en relation avec les équipes des fondateurs. « Nous allons participer au Salon Global Industrie, puis à Vivatech pour promouvoir notre force collective PUI et surtout être à l’écoute des acteurs de l’économie », rappelle Stanislas de Montlebert.

Le PUI mène également des actions pour consolider les relations partenariales sur le long terme. Lancé fin 2025, l’appel à projets Lab&Co finance à hauteur de 80 000 € maximum les chercheurs qui souhaitent structurer ou intensifier une collaboration avec une entreprise. L’effet de levier attendu doit permettre de faire évoluer cette collaboration vers un laboratoire commun ou une chaire industrielle. L’offre du PUI ValoCité devrait encore se renforcer grâce à l’appel Carnot : le PUI prévoit de candidater au dispositif Carnot PUI pour obtenir des moyens supplémentaires et amplifier ces actions.

Mieux piloter les actions

Pour assurer l’efficacité de ses dix actions, ValoCité mise sur une transparence inédite. L’embauche d’un data analyst et le développement à venir d’une restitution par la data visualisation des données de valorisation permettra de qualifier précisément l’impact du pôle.

Bpifrance, acteur clef des Pôles universitaires d’innovation

Bpifrance intervient comme opérateur pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du Secrétariat général pour l’investissement dans la mise en œuvre du programme des Pôles Universitaires d’Innovation (PUI). Son rôle est d’appuyer le déploiement de ce programme à travers un dispositif d’accompagnement collectif. Celui-ci vise à faciliter les échanges entre les différents PUI, mutualiser les outils, documenter les pratiques et identifier les besoins communs. En 2024, cette mission s’est concrétisée par la création d’une plateforme en ligne, des webinaires réguliers et des groupes de travail. En 2025, l’objectif est de structurer davantage cet accompagnement autour de cinq priorités : la formation des équipes, l’outillage numérique, le pilotage et l’amélioration continue, la lisibilité du programme, et l’articulation avec les politiques locales et nationales. Bpifrance coordonne l’ensemble de ce dispositif, sans intervenir directement dans les choix opérationnels des PUI.

Contacter POC Média Nous contacter

Inscription Newsletter

Vous souhaitez suivre l'actualité des technologies deeptech ?

Recevez gratuitement une newsletter par semaine

Je m'inscris
Fermer