Dans le Var, un partenariat avec la MGEN préfigure un réseau territorial de recherche et d’innovation

18 octobre 2026

La DRCI du Groupement hospitalier de territoire du Var va promouvoir deux études du Centre de soins médicaux et de réadaptation MGEN Pierre-Chevalier. Une première ouverture hors des hôpitaux publics, appelée à s’étendre aux acteurs de la recherche et aux entreprises du territoire.

En France, la recherche clinique se structure généralement autour des centres hospitaliers universitaires (CHU), qui concentrent les équipes, les infrastructures et les compétences nécessaires à la conduite des études. Le Var fait figure d’anomalie : malgré un bassin d’un million d’habitants, ce territoire situé entre Marseille et Nice ne dispose d’aucun CHU.
Pour combler ce vide, les hôpitaux varois ont progressivement mutualisé leurs moyens au sein d’une délégation à la recherche clinique et à l’innovation (DRCI) portée par leur Groupement hospitalier de territoire (GHT). Cette organisation encore atypique cherche désormais à changer d’échelle et à devenir une véritable plateforme pour l’ensemble du territoire. Le partenariat conclu avec le Centre de soins médicaux et de réadaptation (CSMR) MGEN Pierre-Chevalier, établissement privé à but non lucratif, constitue une première traduction de cette ambition.
La coopération a vocation à dépasser ces deux études. D’autres projets de Pierre-Chevalier pourraient rejoindre la plateforme, tandis que le centre pourrait participer à des recherches initiées à Toulon. « Il y a l’idée d’avoir une vraie animation de réseau entre les centres, les experts et les porteurs de projets », explique le Pr Jonathan Chelly, coordinateur médical de la DRCI.

Faire émerger la recherche hors des CHU

Le Var compte un million d’habitants, mais aucun centre hospitalier universitaire (CHU). Entre Marseille et Nice, la DRCI a donc développé un modèle mutualisé. Une trentaine de professionnels suivent près de 300 études et projets et peuvent intervenir dès l’idée initiale pour bâtir un protocole, trouver des financements et franchir les étapes réglementaires. « On essaie d’accompagner les projets de A à Z », résume Jonathan Chelly. Portée par le Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne-sur-Mer (CHITS), la DRCI travaille pour les huit établissements publics du GHT et avec l’hôpital d’instruction des armées Sainte-Anne. Le partenariat avec Pierre-Chevalier étend ce modèle à un établissement de santé privé d’intérêt collectif. Pour les expertises difficiles à internaliser, le GHT noue des partenariats, notamment avec un laboratoire lié à Aix-Marseille Université en méthodologie et statistiques.

Ouvrir le territoire aux expérimentations

Cette organisation constitue le socle de Var Méditerranée Recherche Innovation (VMRI), l’entité chargée de définir la stratégie scientifique du territoire pour cinq ans. « Une DRCI, c’est une capacité à agir. Ce n’est pas là que se décide la stratégie », distingue Jean-Philippe Suppini, délégué général.

VMRI doit réunir établissements, professionnels de ville, universités, écoles d’ingénieurs et entreprises. Son objectif : conduire une idée née d’un besoin de soin jusqu’à son expérimentation en conditions réelles. Le dispositif veut aussi devenir une porte d’entrée pour les start-up en quête d’expertise clinique ou de terrains d’évaluation. Avec l’Université de Toulon, des écoles d’ingénieurs et Eurobiomed, les premières pistes concernent les outils numériques et les applications de suivi.

Ce volet et son modèle économique restent à structurer. L’évaluation de solutions développées par des entreprises pourrait diversifier les recettes de la DRCI. « Le prisme principal, c’est le déploiement de l’innovation », insiste Jean-Philippe Suppini. Le partenariat avec Pierre-Chevalier constituera un premier test.

Deux projets pour la rééducation après un AVC

D-MARCHE : évaluer le soulevé de terre en rééducation

Porté par Yvann Fede, D-MARCHE étudiera le soulevé de terre dans la rééducation de patients hémiplégiques après un accident vasculaire cérébral. Une méthode expérimentale individualisée permettra de l’évaluer auprès d’un petit nombre de patients suivis de près.

CO-DRIVE : mieux préparer la reprise de la conduite

Porté par l’ergothérapeute Clément Kernevez, CO-DRIVE évaluera si un entraînement sur simulateur aide des patients ayant subi un AVC à mieux apprécier leurs aptitudes à la conduite, afin de sécuriser leur éventuelle reprise du volant.

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