L’AP-HM fait du diagnostic un axe prioritaire de sa stratégie d’innovation

8 septembre 2026

Créée il y a moins d’un an, la Délégation à l’innovation de l’AP-HM a identifié le diagnostic comme l’un des points forts du CHU marseillais. Biologie, imagerie et intelligence artificielle : l’établissement veut accélérer le transfert des projets issus de ses équipes.

La première Journée Innovation Diagnostic, organisée le 2 juillet à la Timone, traduit l’un des premiers choix de cette délégation. Après avoir cartographié les activités de recherche clinique, son équipe a identifié le diagnostic comme « une partie particulièrement forte pour l’AP-HM », explique sa directrice, Émilie Garrido-Pradalié. Cette stratégie s’appuie sur le Biogénopôle, qui centralise les analyses biologiques de l’établissement sur un site fortement robotisé. Elle bénéficie aussi de projets France 2030 comme OPTIMABIO, destiné à améliorer la pertinence des prescriptions d’examens biologiques grâce à l’intelligence artificielle.

Un nouveau dialogue avec les industriels de l’imagerie

L’AP-HM a parallèlement revu ses relations avec les fabricants d’équipements d’imagerie. Un marché conclu pour sept ans organise des échanges réguliers autour des IRM, scanners et appareils de radiologie. Deux fois par an, les industriels présentent les évolutions technologiques tandis que les cliniciens font remonter leurs besoins. « Cela change complètement le rapport avec l’industriel », souligne Émilie Garrido-Pradalié. L’objectif est de dépasser une gestion limitée au remplacement des machines obsolètes et de faire émerger des projets communs. L’établissement participe notamment à la mise en place d’une IRM 7 teslas avec Aix-Marseille Université, le CNRS et Siemens. Le RHU PIONeeR illustre également cette dynamique. Il réunit acteurs académiques, hospitaliers et industriels, dont AstraZeneca, pour rechercher des biomarqueurs capables de prédire la résistance aux immunothérapies dans le cancer du poumon.

Accompagner les projets jusqu’au transfert

La Délégation veut intervenir dès l’émergence des projets. Son soutien peut aller de la recherche d’un ingénieur à la protection d’une invention, en passant par le financement ou l’accompagnement d’un chercheur souhaitant entreprendre. « Notre travail est plutôt tourné vers l’interne : comment faire sortir des innovations de notre établissement de santé », résume sa directrice. 

Une équipe spécialisée conseille les porteurs sur la propriété intellectuelle et les brevets. L’AP-HM mobilise ensuite la SATT Sud-Est pour étudier le marché et financer la maturation, l’incubateur d’Aix-Marseille Université pour la création d’entreprises et Eurobiomed pour nouer des collaborations industrielles. L’hôpital souhaite également faciliter, dans un cadre sécurisé, l’accès aux données, images médicales et échantillons biologiques nécessaires au développement des solutions.

Tester les innovations en conditions réelles

Cette ouverture passe enfin par Le Quatre-Vingt, tiers-lieu régional réunissant environ 80 acteurs publics, privés et libéraux. Il accompagne l’expérimentation de solutions numériques grâce à un soutien méthodologique et médico-économique. Au SAMU 13, un projet teste ainsi l’analyse par IA d’images envoyées par les appelants afin d’aider les régulateurs à repérer plus rapidement les urgences vitales. Après les étapes techniques, juridiques et réglementaires, l’outil est expérimenté à l’AP-HM. Une étude multicentrique pourrait précéder son industrialisation. L’objectif est désormais de multiplier ces cas d’usage avant leur intégration dans les pratiques hospitalières.

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