Le PUI BFC s’organise en hubs thématiques territoriaux

6 mai 2026

Cour intérieure de l’UFR Sciences du Langage, Humanités et Sociétés à Besançon, site de Mégevand, Université Marie-et-Louis-Pasteur

Le Pôle universitaire d’innovation Bourgogne France-Comté (PUI BFC) s’est structuré depuis 2023 pour faire émerger plus de projets d’innovation issus des recherches académiques. Pour mieux valoriser ses compétences scientifiques auprès des acteurs socio-économiques, il s’est organisé sous forme de hubs thématiques permettant de créer une dynamique territoriale. Il a également mis en place des dispositifs pour favoriser les projets de start-up en deeptech.

Financé à hauteur de 2,5 millions d’euros par le programme France 2030, le PUI BFC fédère un consortium de neuf acteurs de l’écosystème de recherche et d’innovation de la région Bourgogne–Franche-Comté : l’Université Marie et Louis Pasteur (pilote), l’Université Bourgogne Europe, l’École nationale supérieure d’arts et métiers, SupMicrotech, l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard, l’Institut Agro Dijon, l’Inrae, l’incubateur national de la recherche publique DECA-BFC, et la SATT Sayens. Le dispositif réunit également 18 partenaires d’horizons variés, parmi lesquels l’Inserm, plusieurs CHU, la fondation partenariale FC’Innov, des pôles de compétitivité, des collectivités territoriales et la région Bourgogne–Franche-Comté. « Lors de l’autodiagnostic, nous avons notamment identifié un fort besoin de sensibilisation à l’entrepreneuriat et à l’innovation, le manque de coordination entre les initiatives des différents établissements et la nécessité de rapprocher la science du monde socio-économique afin de mieux répondre et anticiper les besoins des territoires. Pour y parvenir, nous avons décidé d’animer l’écosystème de valorisation en hubs sectoriels », détaille Daniel Hissel, co-coordinateur du PUI BFC. Au total, six actions concrètes ont été lancées pour sensibiliser les chercheurs à l’entrepreneuriat, renforcer leur accompagnement, structurer une stratégie de business development et de valorisation des inventions, et améliorer la visibilité des projets.

Des hubs d’innovation ouverte

L’une des actions concrètes vise à structurer l’innovation en filières. Ainsi, le PUI BFC s’articule autour de trois hubs : santé-diagnostic et biothérapies connectées, transition agricole et alimentaire et hydrogène décarboné/mobilités durables. Ces filières ont été choisies en fonction de la production scientifique des établissements de recherche (publications, déclarations d’invention et brevets), de la performance de valorisation et des priorités de développement des territoires. Ceci n’est cependant pas exclusif et toutes les thématiques portant un potentiel de valorisation/transfert sont les bienvenues dans la dynamique PUI BFC. Les membres fondateurs de l’écosystème mènent ainsi des actions pour repérer les projets de recherche à potentiel d’innovation. « Dès mars 2024, nous avons déployé un groupe de travail dédié à l’identification de projets en émergence qui officie comme comité de détection », indique Daniel Hissel.

La mise à disposition d’outils spécifiques complète ce dispositif. Ainsi, la SATT Sayens a déployé pour le PUI BFC une plateforme dématérialisée de déclaration d’invention, sur le modèle de celle mise en place au sein du PUI Unys. « Nous avons fait appel au même prestataire qui a développé le logiciel utilisé par le PUI Provence, afin de l’adapter aux spécificités du PUI BFC. Le chercheur pourra ainsi saisir sa déclaration d’invention, et l’outil se chargera de la router vers les membres fondateurs », explique Romain Liège. Autre initiative : l’organisation d’appels à manifestations d’intérêt « Transfert » sur le périmètre des laboratoires du PUI. « L’idée est de favoriser le bottom-up de projets de recherche à potentiel d’innovation. Cet AMI nous permet d’identifier de nouveaux chercheurs ayant des velléités de transfert technologique pour mieux les accompagner », explicite Éléonore Lanet, cheffe de projet du PUI BFC. Le premier appel est lancé depuis mi-avril 2026. Cette action collective réunit les membres fondateurs du PUI, les CHUs de Dijon et Besançon, ainsi que le CNRS ; il s’adresse à tous les personnels de recherche du territoire, quel que soit leur établissement ou leur laboratoire de rattachement (enseignant-chercheur, PU-PH, MCU-PH, praticien hospitalier, doctorant…).

Ce travail de détection s’accompagne d’initiatives de sensibilisation à l’innovation des chercheurs. « Nous allons à la rencontre des chercheurs au sein des laboratoires dans le cadre de petits déjeuners thématiques. Par exemple, nous avons tenu une session dédiée à la création d’entreprise sur des établissements de Dijon et de Besançon », précise Éléonore Lanet. « Ce type d’événement permet aux laboratoires de discuter de la valorisation de leurs travaux devant la SATT et les responsables des hubs sectoriels. Et cela aide à mutualiser les actions sur la détection au lieu de créer des doublons d’initiatives », renchérit Romain Liège, président de la SATT Sayens. De son côté, l’incubateur DECA-BFC a mis en place des actions auprès des doctorants, avec des masterclasses de deux jours, organisées au sein des écoles doctorales.

Favoriser la création de start-up deeptech

Une fois les projets de recherche détectés, le PUI BFC propose un accompagnement complet pour pouvoir en effectuer le transfert technologique, notamment par la voie des start-up, qui va de la sensibilisation à l’entrepreneuriat et à la création et au développement d’entreprises . « Certaines écoles doctorales d’établissements du PUI disposaient déjà de leur propre module de sensibilisation entrepreneuriale. De plus, la Région a également une initiative dénommée “Itinéraire chercheur-entrepreneur” pour inciter les doctorants et des postdoctorants à la création d’entreprise. Enfin, nous nous appuyons sur les programmes de l’incubateur DECA-BFC pour favoriser l’émergence de projets entrepreneuriaux dans la deeptech », rappelle Daniel Hissel. « Nous avions déjà un parcours d’accompagnement à destination des porteurs de projets de création de start-up. Avec le PUI-BFC, nous disposons désormais d’un parcours deeptech spécifique, qui vient renforcer notre offre d’accompagnement », complète Bénédicte Magerand, directrice de DECA-BFC.

C’est ainsi que le programme « Start & Go deeptech in BFC » a été créé. Il s’agit d’un programme de préincubation et d’incubation de six mois qui a pour ambition d’accélérer la maturité entrepreneuriale des porteurs de projets Deeptech. « Lors de la première phase “Start”, avant même l’entrée en incubation, des ateliers sont animés par des experts nationaux et par les deux chargés d’affaires référents deeptech. Les porteurs de projets y sont challengés sur des livrables intermédiaires, comme la roadmap technologique, réglementaire ou technico-économique. Ensuite, une deuxième phase intitulée “Go”, objectif levées de fonds, vise notamment à préparer les pitch deck des porteurs en vue de leur premier tour de table et surtout leur plan d’action pour y parvenir. D’ailleurs, les porteurs de projets deeptech sont challengés à l’issue de ce programme Deeptech devant un jury composé des membres fondateurs, partenaires du PUI-BFC et de fonds d’investissement régionaux et nationaux. C’est un très bon exercice qui leur permet d’avoir des retours individuels de chaque membre du jury. », détaille Bénédicte Magerand.

Le programme « Start & Go Deeptech in BFC » a rencontré un succès significatif depuis sa mise en place : de 25 % des projets deeptech incubés en 2023, le ratio est passé aujourd’hui à près de 50 % sous l’impulsion du PUI et de la promotion du dispositif. « Le programme “Start & Go Deeptech in BFC” s’adresse à tous les types de projets entrepreneuriaux deeptech, qu’ils soient issus des CHU, les laboratoires des universités, écoles d’ingénieurs ou de la SATT », souligne Bénédicte Magerand.

Au sein du PUI BFC, l’accompagnement à la création et au développement de start-up ne se limite pas à la valorisation des recherches issues des laboratoires du territoire. En effet, la SATT Sayens, en collaboration avec l’Inrae, a déployé un dispositif de prématuration et de maturation pour les projets entrepreneuriaux « exogènes ». « L’ambition est d’attirer des start-up innovantes sur le territoire en vue de multiplier les collaborations avec les laboratoires en Bourgogne–Franche-Comté. Entre 2024 et 2025, nous avons pu accueillir six projets exogènes », précise Romain Liège.

Bpifrance, acteur clef des Pôles universitaires d’innovation

Bpifrance intervient comme opérateur pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du Secrétariat général pour l’investissement dans la mise en œuvre du programme des Pôles Universitaires d’Innovation (PUI). Son rôle est d’appuyer le déploiement de ce programme à travers un dispositif d’accompagnement collectif. Celui-ci vise à faciliter les échanges entre les différents PUI, mutualiser les outils, documenter les pratiques et identifier les besoins communs. En 2024, cette mission s’est concrétisée par la création d’une plateforme en ligne, des webinaires réguliers et des groupes de travail. En 2025, l’objectif est de structurer davantage cet accompagnement autour de cinq priorités : la formation des équipes, l’outillage numérique, le pilotage et l’amélioration continue, la lisibilité du programme, et l’articulation avec les politiques locales et nationales. Bpifrance coordonne l’ensemble de ce dispositif, sans intervenir directement dans les choix opérationnels des PUI.

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