Okomera passe au déploiement commercial avec Servier

25 octobre 2026

Issue de la recherche publique, la start-up déploie sa plateforme de culture et de test d’organoïdes chez Servier. Ce premier accord commercial doit éprouver son utilisation autonome par un industriel, avant une future validation clinique.

Après les preuves de concept, l’épreuve du laboratoire client. Fondée en 2020 à partir de travaux académiques menés à l’École Polytechnique, Okomera franchit une étape avec sa première collaboration commerciale, nouée avec Servier. Le groupe pharmaceutique utilise sa technologie pour des recherches amont en oncologie, notamment l’identification de cibles thérapeutiques. « Servier utilise cette technologie en toute autonomie », souligne Silvère Lucquin, dirigeant d’Okomera. Pour la start-up, l’enjeu est désormais de montrer que sa plateforme fonctionne entre les mains d’autres équipes.

Standardiser la culture des modèles tumoraux

Okomera automatise la production et les tests d’organoïdes, des cultures cellulaires en trois dimensions qui reproduisent certaines caractéristiques d’une tumeur. Ces modèles peuvent servir à étudier la maladie et à évaluer l’effet de traitements. Leur développement reste toutefois freiné par des manipulations complexes, souvent manuelles, qui compliquent la reproductibilité des expériences et leur réalisation à grande échelle.

La technologie associe une machine, des puces microfluidiques (où circulent de très petits volumes de liquide) et un logiciel d’analyse des résultats. Elle vise à standardiser la culture et les tests pour rendre ces modèles plus simples à exploiter dans les laboratoires. Sa particularité commerciale est de permettre aux équipes clientes de réaliser elles-mêmes leurs expériences, plutôt que de confier leurs échantillons à un prestataire.

Chez Servier, les projets de recherche restent propres au groupe. Okomera fournit les consommables et un support technique. L’accord prévoit aussi des retours d’utilisation pour évaluer l’ergonomie, la standardisation et l’automatisation de la plateforme.

Du transfert aux premiers revenus

« C’est le tout premier revenu », indique Silvère Lucquin, le modèle économique repose sur trois composantes : la vente ou la mise à disposition d’une machine, les puces consommables et une licence logicielle. 

Ce débouché prolonge plusieurs années de maturation : le dirigeant met en avant le soutien des structures de transfert, les collaborations avec les organismes de recherche, les aides de Bpifrance et les investisseurs d’amorçage, dont Polytechnique Ventures. Ces appuis ont financé les développements et les preuves de concept nécessaires pour approcher les industriels. 

La prédiction clinique reste à démontrer

Okomera veut ensuite évaluer sa plateforme pour aider au choix des traitements. L’entreprise prépare une étude clinique visant à vérifier si la réponse observée sur ses modèles tumoraux est corrélée à celle des patients. Cette démonstration reste nécessaire avant d’envisager un usage pour orienter les prescriptions.

L’ambition est de couvrir plusieurs étapes, de la recherche de médicaments à la médecine personnalisée. Pour l’heure, le partenariat avec Servier porte sur la recherche amont. Il constitue une première étape commerciale vers cette ambition, sans préjuger de la valeur prédictive clinique des modèles.

Ce qu’il faut retenir

  • Valeur ajoutée : automatiser et standardiser la culture et le test d’organoïdes tumoraux, avec une plateforme directement utilisable par les équipes des laboratoires clients.
  • Niveau TRL : 6
  • Besoins de financement :  pas encore défini
  • Marché visé : laboratoires pharmaceutiques et équipes de recherche en oncologie pour identifier des cibles et évaluer des traitements. À terme, oncologues pour guider le choix thérapeutique, sous réserve de validation clinique.
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