PUI UT Innovation : la deeptech, levier de l’économie du territoire occitan

26 juin 2026

Couvrant le territoire ouest de l’Occitanie, le PUI UT Innovation souhaite, par l’intermédiaire de ses laboratoires, être à l’avant-garde des avancées technologiques et scientifiques afin d’apporter des retombées concrètes au territoire. Dans ce cadre, il a mis en place plusieurs actions pour favoriser l’innovation deeptech et mieux accompagner la recherche partenariale.

Financé à hauteur de 7,5 millions d’euros par le programme France 2030, le Pôle universitaire d’innovation UT Innovation regroupe une vingtaine de membres fondateurs parmi lesquels la SATT Toulouse Tech Transfer, l’incubateur à mission Nubbo, le CNRS, l’ONERA, l’Inrae, l’Inserm, le CNES, Météo France ou encore l’IRD. « Le PUI va accueillir à la rentrée le CHU de Toulouse au sein de son cercle de membres fondateurs », complète Thierry Bosch, vice-président Valorisation et Relations Entreprises de l’université de Toulouse, pilote de la Communauté d’universités et d’établissements de Toulouse. Ensemble, ils se sont fixés pour ambition de développer l’attractivité territoriale grâce aux synergies créées entre le monde académique et le tissu socio-économique.

Sensibilisation dès le doctorat

Le PUI a commencé par s’attaquer à l’enjeu de la sensibilisation des docteurs et chercheurs à l’innovation. Le programme Doc D’Occitanie, labellisé StarThèse, en fait partie. Il s’agit d’un programme d’accompagnement des jeunes docteurs et de doctorants en vue du transfert de technologie. « Pour favoriser l’entrepreneuriat, nous avons également déployé une formation destinée spécifiquement aux chercheuses dénommée Innov’Start(H)er. Il s’agit d’un bootcamp de deux jours et demi visant à enseigner les fondamentaux de l’entrepreneuriat et à tenter de briser ce plafonds de verre. La première édition a permis de réunir 10 participantes », précise Anne-Laure Charbonnier.

Autre dispositif mis en place : les Doctoriales d’Occitanie. Ce programme, qui se tient trois fois par an en Région, vise à mettre en contact des docteurs et des entreprises. L’objectif principal est d’accompagner les docteurs à la suite de leur thèse, notamment pour les préparer à sortir du monde académique. Le programme leur donne les cles pour mieux valoriser les résultats de leur recherche. Enfin des formations sont aussi proposées aux personnels des services supports. Le Catalyseur, l’incubateur de l’université de Toulouse, pilote par exemple pour le PUI la « journée annuelle de la valorisation » regroupant une centaine de participants.

Des dispositifs thématiques de valorisation

L’une des actions les plus avancées du PUI concerne également l’entrepreneuriat deeptech. « Lors de l’autodiagnostic initial, nous avions identifié un déficit dans la valorisation des recherches issues des laboratoires, notamment sur les technologies de rupture », explique Patrick Cazeneuve, directeur de la SATT Toulouse Tech Transfer. Par conséquent, deux actions ont été menées pour combler ce manque de créations de start-up deeptech issues de la recherche académique. « Nous avons mis en place un dispositif de pré-incubation et constitué une équipe dédiée. L’idée est de dérisquer le projet avant d’envisager une maturation, en explorant de manière approfondie son potentiel de marché », indique Anne-Laure Charbonnier, directrice de l’incubateur Nubbo.

L’autre initiative concerne une offre d’accompagnement par thématique plus étoffée. « Nous avons créé il y a quelques années le programme Lanceurs d’étoiles dédié aux secteurs de l’aéronautique, du spatial et de la défense. Dans le cadre du PUI, nous avons ajouté trois autres thématiques pour l’enrichir : la santé, la greentech et l’énergie/les mobilités », détaille Patrick Cazeneuve. Ainsi, le nombre de projets accompagnés a significativement augmenté, passant de 10 en 2023 à une trentaine aujourd’hui, ce qui a conduit à la création effective de 16 start-up. « Nous avons également accru le nombre de candidatures au BFTLab, avec 13 projets lauréats en 2025 », ajoute Patrick Cazeneuve.

A noter que les dispositifs déployés dans le cadre du PUI viennent compléter des programmes existants tels que le Tiris Brave New Innovation. Ce dernier a pour vocation de soutenir des projets interdisciplinaires innovants, à TRL bas et à haut risque comportant une dimension d’impact sociétal (incluant les aspects sociaux et environnementaux). D’autres dispositifs plus centrés sur une thématique existent au niveau du territoire au travers d’Aniti (l’institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle de Toulouse) et bientôt de Pad’Occ (plateforme d’accélération vers l’industrie du futur d’Occitanie), etc.

Un portail pour les plateformes

Le PUI a également déployé différentes actions pour soutenir la recherche partenariale. L’équipe a ainsi structuré un réseau de 30 business developers pour apporter des réponses plus rapides et plus cohérentes aux entreprises qui entrent en contact avec l’un de ses membres. « L’idée est d’échanger sur les bonnes pratiques et de transmettre les projets aux membres fondateurs concernés par la demande et, en somme, de chasser en meute », précise Thierry Bosch. Les partenariats s’appuient fortement sur l’écosystème existant, notamment les nombreux pôles de compétitivité et clusters locaux, à commencer par le Pôle Aerospace Valley, avec lequel plusieurs actions communes sont menées.

Enfin, un important volet du PUI concerne la mise en valeur des plateformes technologiques de ses membres. « 139 des 200 plateformes du territoire ont exprimé leur volonté de davantage coopérer avec des entreprises. Afin de rendre plus visible ces expertises académiques, nous avons mis en place LabConnect, un portail web qui permet aux acteurs socio-économiques de rechercher des plateformes ou des laboratoires par expertise ou par marché », indique Thierry Bosch. A noter que la Région Occitanie a mis en place un dispositif de financement pour inciter les laboratoires à réaliser des preuves de concept en lien avec des entreprises, sur des thématiques liées aux stratégies nationales d’accélération.

Bpifrance, acteur clef des Pôles universitaires d’innovation

Bpifrance intervient comme opérateur pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du Secrétariat général pour l’investissement dans la mise en œuvre du programme des Pôles Universitaires d’Innovation (PUI). Son rôle est d’appuyer le déploiement de ce programme à travers un dispositif d’accompagnement collectif. Celui-ci vise à faciliter les échanges entre les différents PUI, mutualiser les outils, documenter les pratiques et identifier les besoins communs. En 2024, cette mission s’est concrétisée par la création d’une plateforme en ligne, des webinaires réguliers et des groupes de travail. En 2025, l’objectif est de structurer davantage cet accompagnement autour de cinq priorités : la formation des équipes, l’outillage numérique, le pilotage et l’amélioration continue, la lisibilité du programme, et l’articulation avec les politiques locales et nationales. Bpifrance coordonne l’ensemble de ce dispositif, sans intervenir directement dans les choix opérationnels des PUI.

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