Radiothérapie FLASH : Thales construit un irradiateur pour l’Institut Curie et le CEA

4 mai 2026

Traiter des tumeurs profondes en quelques fractions de seconde. Tel est l’objectif du programme FRATHEA, porté par l’Institut Curie et le CEA. Le projet vient de franchir une nouvelle étape avec l’entrée de Thales, chargé de construire un irradiateur d’électrons de très haute énergie.

Le projet FRATHEA (Flash RAdiation THerapy Electron Acceleration) de l’Institut Curie et du CEA entre dans une nouvelle phase. Les partenaires ont annoncé fin avril la sélection de Thales pour construire un irradiateur d’électrons de très haute énergie (VHEE, Very High Energy Electron), qui sera installé sur le site de Curie à Orsay. Lancé l’an dernier, FRATHEA vise à combiner la radiothérapie FLASH, une technique d’irradiation ultrarapide, avec des faisceaux d’électrons de très haute énergie. Ces électrons présentent des propriétés physiques et biologiques particulièrement intéressantes pour le traitement des tumeurs profondes, tout en permettant de mieux préserver les tissus sains. L’objectif est double : réduire la durée globale des traitements et ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour des cancers de mauvais pronostic, notamment situés à proximité d’organes vitaux.

Si la radiothérapie FLASH-VHEE fonctionne chez l’homme, cela pourrait révolutionner la radiothérapie dans le monde

Gilles Créhange

Révolutionner l’accès à la radiothérapie FLASH

Découverte il y a dix ans dans les laboratoires de l’Institut Curie, l’irradiation FLASH se heurte actuellement à plusieurs limites. Les dispositifs existants reposent sur deux modalités : des électrons de faible énergie et des protons. La radiothérapie FLASH utilisant des électrons de faible énergie est limitée au traitement des tumeurs superficielles ou à des applications peropératoires, c’est-à-dire réalisées directement pendant une intervention chirurgicale afin d’irradier la zone ciblée. Pour traiter des tumeurs situées en profondeur, il est nécessaire de recourir à la protonthérapie, une technologie performante mais encore peu accessible en raison d’installations massives et coûteuses. « Il faut compter entre 40 M€ pour une machine et jusqu’à 200 M€ pour un centre de protonthérapie. En France, nous n’avons que trois machines de protonthérapie », précise Gilles Créhange, chef du département de radiothérapie à l’Institut Curie et coordinateur de FRATHEA.

Le couplage de la radiothérapie FLASH avec des électrons de très haute énergie (VHEE) ouvre ainsi une nouvelle perspective : traiter des tumeurs en profondeur avec des équipements plus compacts et potentiellement moins coûteux (entre une dizaine et une centaine de millions d’euros par installation). « Si la radiothérapie FLASH-VHEE fonctionne chez l’homme, cela pourrait révolutionner la radiothérapie dans le monde », souligne Gilles Créhange.

Premiers essais cliniques attendus en 2029

Initialement envisagé pour 2028, le calendrier a légèrement glissé. L’installation du prototype d’irradiateur est désormais attendue au second semestre 2027, avant une phase de validation préclinique d’environ dix-huit mois. « Le démarrage des essais cliniques est prévu en 2029 », informe le praticien. Les premières indications concerneront des cancers du cerveau, du poumon, du pancréas et certaines tumeurs pédiatriques. Au-delà de l’enjeu médical, FRATHEA a aussi vocation à devenir une plateforme ouverte de recherche et de tests. À partir de 2029, des partenaires académiques et industriels pourront venir y conduire leurs propres expérimentations. Le projet est soutenu à hauteur de 37 millions d’euros par France 2030 et la région Île-de-France.

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