FemTech : retour sur la matinale POC consacrée aux innovations pour la santé des femmes

1 juillet 2026

Applications dédiées à la santé menstruelle, soutien-gorge connecté pour le dépistage du cancer du sein, suivi hormonal en continu ou encore contraception masculine… voici quelques-unes des innovations de rupture présentées lors de la Matinale de POC Santé organisée le 24 juin à BioLabs Hôtel-Dieu. Cet événement a aussi permis d’aborder les conditions spécifiques d’ accès au marché de ces innovations émergentes. Retour sur les principaux temps forts de cette matinée.

Change-App veut dépasser le simple suivi du cycle menstruel

Francesca Strassoldo, doctorante à l’Université Paris Cité, a présenté Change-App, une application qui ambitionne d’accompagner les femmes tout au long de leur cycle menstruel. Selon elle, les applications existantes restent principalement centrées sur le suivi du cycle, sans proposer de véritables recommandations personnalisées. « Il y a un manque de soutien concernant le mode de vie. Les solutions sont trop généralistes, il y a un suivi passif du cycle et une absence de personnalisation des protocoles d’alimentation et d’activité physique, explique-t-elle. 

Elle pointe également un manque d’ancrage scientifique » ainsi que les questions liées à la protection des données de santé. L’application développée par son équipe entend combiner intelligence artificielle, recommandations personnalisées en nutrition et activité physique, prédiction des symptômes et suivi du cycle dans une solution fondée sur des données scientifiques issues de ses travaux de recherche. L’objectif est également d’obtenir, à terme, un statut de dispositif médical. 

Le projet en est encore à ses premières étapes. Après un premier financement obtenu auprès de l’incubateur Sciences Humaines de l’Université Paris Cité, l’équipe prépare son prototype, son cadrage réglementaire et ses futures études cliniques. À plus long terme, Francesca Strassoldo envisage une commercialisation sous forme de plateforme payante avant de viser un remboursement par l’Assurance maladie.

C-BRA veut compléter le dépistage du cancer du sein

Zeina Al Masry, chercheuse à l’Institut FEMTO-ST, a présenté C-BRA, un soutien-gorge connecté destiné à améliorer le dépistage du cancer du sein. Le dispositif associe des capteurs de température à des algorithmes d’intelligence artificielle afin de détecter d’éventuelles anomalies mammaires de manière non invasive. L’objectif n’est pas de remplacer la mammographie, mais de proposer un outil complémentaire capable d’assurer un suivi régulier entre deux examens, notamment chez les femmes jeunes ou présentant des seins denses, pour lesquelles les techniques d’imagerie sont parfois moins performantes. Le projet s’appuie sur le fait que les tumeurs modifient localement la vascularisation et donc la température des tissus. 

Déjà évalué dans un premier essai clinique mené auprès de 70 patientes, C-BRA poursuit aujourd’hui sa maturation avec le soutien de la SATT Sayens. L’équipe travaille désormais à l’amélioration des algorithmes, à la miniaturisation de l’électronique embarquée et à la préparation de nouvelles études cliniques avant un futur transfert industriel.

Un capteur pour suivre les hormones en continu

Mélissa Hexter a ensuite présenté Gigabody Dynamics, une startup qui développe un capteur portable capable de mesurer en continu les variations hormonales à partir de la sueur. Son projet est né d’un constat personnel : alors que les fluctuations hormonales jouent un rôle majeur dans de nombreuses pathologies féminines, les dosages actuels reposent essentiellement sur des prises de sang ponctuelles qui ne reflètent qu’un instant donné. L’ambition est donc de développer un dispositif portable permettant un suivi dynamique des hormones afin de mieux comprendre leur évolution au cours du cycle menstruel, mais aussi dans différentes situations physiologiques ou pathologiques. Une telle technologie pourrait notamment faciliter le suivi de l’endométriose, du syndrome des ovaires polykystiques, de la fertilité ou encore de la ménopause.

Encore en phase de développement, la startup travaille actuellement sur la validation de ses premiers capteurs, la protection de sa propriété intellectuelle et la recherche de financements pour poursuivre sa maturation technologique.

Une contraception masculine non hormonale inspirée du stérilet

Enfin, Jessica Schiro et Julie Prasivoravang, du CHU de Lille, ont présenté un projet de contraception masculine non hormonale baptisé STEOM. Leur dispositif repose sur un petit implant positionné autour des canaux déférents afin de bloquer temporairement le passage des spermatozoïdes. L’objectif est de proposer une méthode réversible, efficace et peu invasive, offrant une alternative à la vasectomie tout en évitant les effets secondaires des approches hormonales actuellement à l’étude. Après quatre années de recherche, le projet est entré en phase préclinique et les premiers essais sur modèle animal sont en cours. L’équipe espère pouvoir engager, à terme, les premières évaluations cliniques chez l’Homme.

Le Baromètre FemTech confirme la montée en puissance du secteur

La présentation du Baromètre FemTech 2026 par Laurence Al Neimi (Wavestone) est venue illustrer cette dynamique. Si le secteur reste encore jeune, il bénéficie désormais d’une meilleure visibilité, d’une augmentation des levées de fonds et d’un intérêt croissant des acteurs publics comme privés. Cette évolution s’est retrouvée au cœur de la table ronde qui a clôturé la matinée.

Contacter POC Média Nous contacter

Inscription Newsletter

Vous souhaitez suivre l'actualité des technologies deeptech ?

Recevez gratuitement une newsletter par semaine

Je m'inscris
Fermer