Le PUI Saclay partage l’information pour innover
Les rendez-vous innovation agri-agro & bioéconomie se sont tenus le 30 juin 2026 dans les locaux d'AgroParisTech
Le pôle universitaire d’innovation (PUI) Innovation Alliance Université Paris-Saclay met tout en œuvre pour pousser l’innovation de tous les acteurs du territoire, à la fois au niveau de ses membres fondateurs ou avec d’autres PUI.
Pour favoriser la création de start-up et le transfert technologique vers les industriels, le Pôle universitaire d’innovation (PUI) porté par l’Université Paris-Saclay accorde une grande importance au partage des informations entre ses membres. Celui-ci regroupe 14 membres fondateurs : l’Université Paris-Saclay, les quatre grandes écoles CentraleSupélec, AgroParisTech, ENS Paris-Saclay et l’Institut d’Optique Graduate School, les deux universités membres-associés Université Évry Paris-Saclay et Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, quatre organismes nationaux de recherche – CNRS, INRAE, Inria et Inserm – ainsi que les acteurs de l’innovation IncubAlliance, la SATT Paris-Saclay et le Genopole. Il s’appuie également sur un réseau de quinze partenaires, dont le CEA Paris-Saclay, l’ONERA ou encore Gustave Roussy.
Suite à l’autodiagnostic, le PUI Paris-Saclay a mis en place trois grandes actions prioritaires : sensibiliser et accompagner à l’innovation l’ensemble du personnel, renforcer le lien avec les industriels pour favoriser la mixité et les partenariats de recherche, et cartographier les sujets d’innovation par domaine scientifique au sein des départements de sciences de l’université, appelés « graduate schools ». « Cette cartographie a demandé un très gros travail de recherche pour détailler l’ensemble des actifs dans les 18 graduate school et Instituts, à savoir le nombre de brevets, de doctorants, de thèses CIFRE, de projets de prématuration, de partenariats avec les industriels, de start-up créées, etc. » explique Xavier Apolinarski, vice-président innovation de l’Université Paris-Saclay.
Faciliter les relations avec les industriels
Pour présenter les cartographies réalisées par verticale marché, incluant plusieurs graduate schools, le PUI réalise des journées de rencontre entre les acteurs de l’innovation et les industriels. « La première dédiée à la santé, organisée en novembre 2025, a accueilli entre 200 et 250 personnes » affirme Sébastien Magnaval, président de la SATT Paris-Saclay. Une deuxième s’est déroulée en juin 2026 sur la bioéconomie et l’agri-agro. » Une autre action pour créer du lien entre les chercheurs et les industriels consiste à organiser des visites dans les industries, les « learning expeditions ». « Une dizaine de visites ont déjà été réalisées à ce jour » commente Xavier Apolinarski. Mais également une formation certifiante de 12 administrateurs d’entreprise par an, chargés de faciliter la relation avec les entreprises.
D’autres outils permettant d’identifier les besoins des industriels et les compétences au sein des laboratoires sont en cours de développement. C’est le cas de BiblioHub permettant d’« d’analyser ou explorer l’ensemble des publications des chercheurs sur plus de cinq ans afin d’identifier les compétences des chercheurs pouvant répondre au besoin spécifique de l’industriel » précise Xavier Apolinarski. Ou encore un réseau de business developers qui partagera à l’échelle du PUI les besoins des industriels pour tenter d’y répondre de manière collective, et non plus de façon individuelle par chacun des organismes, « en faisant abstraction de qui sera sélectionné pour y répondre, précise Xavier Apolinarski. Le PUI s’efface lorsque l’industriel contractualise avec l’un des acteurs. »
Un travail collaboratif au niveau du territoire
Pour aller encore plus loin dans la collaboration et le partage d’informations, le PUI Innovation Alliance Université Paris-Saclay souhaite collaborer avec d’autres pôles universitaires d’innovation. Par exemple, les deux PUI du territoire Paris-Saclay collaborent avec la Région Ile de France sur le projet A2-Line, « pour obtenir des fonds FEDER afin de financer plusieurs dizaines de projets de prématuration supplémentaires sur la période 2026-2028 dans des domaines d’intérêt stratégique régional que sont l’intelligence artificielle, le quantique, la santé, l’hydrogène ou encore les batteries, détaille Sébastien Magnaval. Le dossier est en cours d’instruction. »
Autre collaboration inter-PUI du territoire : mettre en place une marketplace commune avec le PUI de l’Institut Polytechnique de Paris, sur la base de l’outil Tech-365 déjà déployé, « pour que les industriels aient accès à toutes les informations du territoire à un seul endroit » précise Xavier Apolinarski. Le PUI porté par l’Université Paris-Saclay va également mettre en place le programme « Mon entreprise en 180 secondes » durant lequel une entreprise pourra exprimer ses besoins, soit de visu si cela concerne des besoins RH, soit à distance, pour des sujets techniques.
Une sensibilisation à l’innovation pour tous
Pour favoriser le taux de transfert technologique et la création de start-up, 1800 doctorants (soit près de 40%) ont été sensibilisés à l’innovation et à l’entrepreneuriat. « Sur les 100 start-up créées par an au sein du PUI, 80 sont créées par des étudiants hors laboratoires et 20 par des chercheurs au sein des laboratoires, détaille Xavier Apolinarski. Les 17 projets de doctorants vont presque permettre de doubler ce volume issu de nos laboratoires. » Avec une volonté d’accroître les projets deeptech portés par les femmes, « entre 20 et 30 % chez IncubAlliance, contre 2 à 4 % dans la deeptech globale » commente Arielle Santé. « La mixité dans les entreprises est très importante. »
Dans le cadre des actions PUI, IncubAlliance a mené un long travail de recensement des start-ups avec l’ensemble des membres du réseau. Cela a permis de se positionner à la tête du classement Dealroom « European Spinouts Report 2025 » des universités françaises créant le plus de deeptech, et à la 13ème place européenne. « Nous essayons de diffuser l’image de Paris-Saclay comme territoire de start-up auprès d’un réseau d’investisseurs en identifiant l’ensemble des start-up créées au sein du PUI » affirme Arielle Santé.
Des chatbot pour orienter l’innovation
Pour mieux orienter un futur entrepreneur dans son projet, qu’il soit rattaché à Paris-Saclay ou souhaite l’être, le PUI a réalisé une plateforme qui va l’aiguiller sur un parcours avec différents interlocuteurs. « Quel que soit le profil de l’utilisateur, la plateforme va lui montrer que le parcours est complet, adapté à sa maturité, à sa technologie, à son besoin de financement et à la localisation territoriale, explique Arielle Santé, directrice générale d’IncubAlliance Paris-Saclay. L’objectif est de montrer la complémentarité des acteurs en capacité de l’aider, de la prématuration au financement, en valorisant de réels parcours d’accompagnement. » L’utilisateur – ingénieurs, chercheurs, entrepreneurs extérieurs, doctorants – va soit cliquer sur les réponses proposées, soit discuter naturellement avec un chatbot. « Le choix va dépendre de l’utilisateur, certains préfèrent être guidés, d’autres préfèrent être libres » précise-t-elle. La plateforme est actuellement en phase de test, notamment pour l’échange en langage naturel avec le chatbot.
Destinée cette fois aux étudiants-entrepreneurs, la plateforme NEO « permet de structurer une démarche en questionnant de manière automatique, grâce à l’IA, l’ensemble des sujets qu’un entrepreneur doit aborder, comme la science, le marché, la propriété intellectuelle, les aspects réglementaires, les RH, etc. » ajoute Xavier Apolinarski, vice-président innovation de l’Université Paris-Saclay. A la suite de ce dialogue entre l’utilisateur et la plateforme, IncubAlliance travaillera avec l’ensemble du PUI à apporter la meilleure solution possible au porteur de projet. « Nous souhaitons qualifier cette intelligence artificielle avec d’autres PUI dont celui de Strasbourg » commente Xavier Apolinarski.
Trois questions à … Xavier Apolinarski, vice-président innovation à l’Université Paris-Saclay
Qu’est-ce qui distingue le PUI Innovation Alliance Université Paris-Saclay ?
C’est un PUI qui a permis vraiment de partager l’information et de créer un collectif sur un métier qui est la valorisation et l’innovation à l’échelle des 14 fondateurs. C’est une étape que l’on n’avait jamais franchie auparavant.
À la fin des financements, à quoi ressemblera le PUI ?
Quand les financements prennent fin sur ce genre de projet structurant, pendant 6 mois à 1 an il y aura une inertie vers l’arrêt. Ce qui restera après cela, c’est notre changement d’image auprès des industriels, les process et outils continueront de façon autonome. Nous sommes déjà en train de travailler à la pérennisation du PUI avec des projets de financement, comme celui que nous venons de monter avec la Région Ile-de-France sur la prématuration.
Quels facteurs détermineront si le PUI est un succès ou un échec ?
Le PUI sera un succès si nous arrivons à nous appuyer sur les process et les outils, si le collectif RH reste en mode PUI, c’est-à-dire soudé et partageur. Et ce sera un échec si nous perdons les compétences des équipes que nous avons formées pendant 3 ans et que nous avons eu du mal à recruter. L’innovation, c’est de l’humain sur du temps long.