Le Carnot CALYM élargit son périmètre au delà du lymphome

3 juin 2026

Des macrophages immunosuppresseurs spécifiques du LDGCB identifiés au contact des vaisseaux sanguins.

Retenu parmi les consortiums recevables de l’appel Carnot 2026, le Carnot CALYM change d’échelle. Historiquement centré sur les lymphomes, le réseau étend désormais son périmètre à l’ensemble des cancers lymphoïdes et entend se positionner comme la porte d’entrée nationale de l’innovation en onco-hématologie. Intelligence artificielle, thérapies cellulaires, partenariats industriels et soutien aux biotechs : le consortium affiche aussi une ambition économique forte avec un objectif de 100 millions d’euros de recettes partenariales à l’horizon 2030.

Créé en 2011 dans le cadre du dispositif Carnot, CALYM fédère aujourd’hui 17 entités académiques et hospitalières ainsi que deux grands groupes coopérateurs : le LYSA pour les lymphomes et l’Intergroupe Francophone du Myélome pour le myélome. Historiquement centré sur ces pathologies, le consortium élargit désormais son champ d’action à l’ensemble des cancers du tissu lymphoïde, incluant également les leucémies lymphoïdes.

Un périmètre élargi à l’ensemble des cancers lymphoïdes

Pour Bertrand Nadel, directeur de l’Institut Carnot CALYM, cet élargissement répond à la montée en puissance de l’onco-hématologie, devenue l’un des marchés pharmaceutiques les plus dynamiques au monde. Dans un contexte dominé par les États-Unis et la Chine, CALYM veut incarner la structuration française de cette filière stratégique. « Ce qui nous manque encore en France, c’est la capacité à transformer nos découvertes en innovations puis en médicaments », rappelle-t-il.

IA et biomarqueurs parmi les nouvelles priorités

Pour rester compétitif, CALYM mise aussi sur le développement de nouvelles expertises transversales. L’intelligence artificielle figure parmi les axes les plus structurants. Le consortium souhaite l’utiliser pour améliorer les essais cliniques, développer des biomarqueurs et accélérer l’analyse de données complexes issues de la médecine de précision. Jumeaux numériques, bras synthétiques dans les essais ou analyses multimodales combinant données biologiques et cliniques : autant de technologies qui pourraient transformer la recherche en onco-hématologie dans les prochaines années. « Il ne faut pas louper le virage », insiste Bertrand Nadel.

Les biotechs deviennent des partenaires stratégiques

Aujourd’hui, près de 80 % du chiffre d’affaires de CALYM est réalisé avec de grands groupes internationaux. Pour son directeur, cette capacité à attirer des investissements étrangers dans la recherche française doit être préservée, dans la continuité de la stratégie « Choose France ». Mais l’autre enjeu consiste à renforcer l’accompagnement des PME et biotechs françaises. Le consortium participe déjà à plusieurs initiatives portées par les Carnot santé visant à identifier les besoins des entreprises et à financer des preuves de concept avant le lancement de collaborations plus larges. Le consortium travaille déjà avec des sociétés comme Innate Pharma ou Cellectis et souhaite accroître sa présence auprès de cet écosystème.

Les CAR in vivo et l’objectif des 100 millions d’euros

Parmi les technologies que CALYM veut voir émerger figure la nouvelle génération de thérapies cellulaires dites CAR in vivo, qui consistent à modifier directement les cellules immunitaires du patient dans l’organisme. « Il est extrêmement important de ne pas louper le train des CAR in vivo », estime Bertrand Nadel. Le consortium participe notamment aux réflexions nationales visant à structurer une filière française dans ce domaine, considéré comme stratégique pour la souveraineté sanitaire et industrielle.

Cette ambition scientifique s’accompagne d’un objectif économique assumé. Depuis sa création, la croissance de CALYM a été multipliée par cinq grâce au modèle Carnot. Malgré un contexte jugé plus difficile, le consortium vise désormais un nouveau doublement de son activité partenariale afin d’atteindre 100 millions d’euros de recettes à l’horizon 2030. Pour Bertrand Nadel, l’enjeu dépasse largement le seul consortium. « Il faut qu’on cesse de croire qu’on réussira seuls en France », conclut-il. Face à la concurrence américaine et chinoise, la bataille se joue désormais à l’échelle européenne, autant sur le terrain scientifique qu’industriel.

Un modèle Carnot sous pression mais toujours performant 

Le repositionnement de CALYM s’inscrit dans un contexte plus large de transformation du dispositif Carnot. Pour Bertrand Nadel, l’enjeu dépasse largement le seul périmètre de l’onco-hématologie et concerne la capacité de la France à soutenir durablement sa recherche partenariale. Selon lui, le modèle Carnot demeure l’un des instruments publics les plus efficaces en matière d’innovation. « Aujourd’hui, la trajectoire Carnot a atteint un retour sur investissement de 1 pour 6 : l’État investit 116 millions d’euros par an dans le dispositif, qui génère plus de 660 millions d’euros de recettes partenariales réinjectées dans la recherche académique », souligne-t-il. Contrairement à d’autres dispositifs, le financement intervient après constatation des performances, selon un principe d’abondement des recettes générées.

Avant la réforme de 2026, les instituts Carnot s’étaient fixé un objectif collectif d’un milliard d’euros de recettes partenariales annuelles à l’horizon 2030. « Même si l’enveloppe est aujourd’hui figée alors que le nombre d’acteurs augmente fortement, nous devons tout mettre en œuvre pour garder ce cap », estime Bertrand Nadel. Pour le directeur de CALYM, le principal défi sera désormais d’accompagner la montée en puissance des nouveaux entrants afin de maintenir la dynamique de croissance du dispositif.

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