L’Institut du Cancer de Montpellier veut transformer son campus en « Montpellier Cancer Cluster »

26 mai 2026

Futur Centre de Transfert et d’Innovation en Oncologie

Avec son futur Centre de Transfert et d’Innovation en Oncologie (CTIO), l’ICM veut accélérer le passage de la recherche fondamentale vers les essais cliniques et la création de startups. Derrière ce bâtiment de 7,7 millions d’euros financé majoritairement par des fonds publics, le centre montpelliérain assume désormais une ambition plus large : devenir un hub européen du transfert en cancérologie. 

« Dans ce centre de transfert, il y a surtout le mot transfert », résume Marc Ychou. Avec son futur Centre de Transfert et d’Innovation en Oncologie (CTIO), l’Institut du Cancer de Montpellier veut accélérer le passage de la recherche fondamentale vers les essais cliniques et la création de startups en cancérologie.

Le projet s’inscrit dans la continuité du campus déjà structuré autour de l’ICM, de l’Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier (IRCM) et du SIRIC Montpellier Cancer, l’un des rares sites français labellisés à trois reprises consécutives. Mais cette fois, l’ambition dépasse la seule recherche académique : il s’agit de créer un véritable écosystème de valorisation mêlant plateformes translationnelles, biologie computationnelle, essais précoces et jeunes pousses spécialisées en oncologie.

Accélérer le passage du laboratoire à la clinique

L’objectif principal du CTIO est d’accélérer une étape souvent critique du transfert biomédical : le passage entre la preuve de concept réalisée au laboratoire et sa validation sur des échantillons humains. Selon le Dr Ychou, « aujourd’hui, le développement complet d’un médicament peut prendre jusqu’à quinze ou vingt ans ». Pour réduire cette inertie, l’ICM veut réunir sur un même site la recherche fondamentale, les plateformes précliniques, la recherche translationnelle, les essais cliniques précoces et les startups issues de la recherche en oncologie. « On sera l’un des seuls sites en France où l’on aura les patients, la recherche clinique, la recherche préclinique, la recherche de transfert et les entreprises sur le même campus », affirme Marc Ychou.

Les travaux doivent démarrer début juin pour une livraison prévue fin 2027. Le CTIO sera implanté sur un terrain voisin du campus actuel de l’ICM, dans le cadre de la dynamique MedVallée portée par la métropole de Montpellier.

Des startups déjà dans les tuyaux

Le futur bâtiment doit accueillir plusieurs startups déjà identifiées par l’ICM, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’imagerie médicale, de l’immunothérapie et des traitements vectorisés. Certaines sont déjà issues des équipes de recherche du campus. L’objectif n’est pas uniquement de les héberger mais de leur donner accès à tout l’environnement scientifique et clinique de l’ICM : plateformes d’imagerie animale, immunomonitoring, biopsies liquides ou essais précoces. L’établissement dispose notamment d’un centre de phase 1 permettant de conduire des essais « first-in-human ». « On a déjà quelques projets qu’on espère tester pour la première fois chez l’homme d’ici un ou deux ans », explique Marc Ychou, évoquant notamment des anticorps développés par les équipes montpelliéraines.

Big Pharma et IA en arrière-plan

Même si le CTIO n’accueillera pas directement de grands groupes pharmaceutiques dans ses murs, l’ICM travaille déjà avec plusieurs industriels comme Roche, Pfizer, Bristol Myers Squibb ou AstraZeneca sur des projets de recherche translationnelle.

Autre axe stratégique du projet : la biologie computationnelle et l’intelligence artificielle appliquées à l’oncologie. L’ICM travaille notamment sur des approches de « biopsie virtuelle » utilisant l’IRM et l’IA pour extraire des informations histologiques ou moléculaires directement à partir de l’imagerie. Le campus dispose déjà de bases clinico-biologiques intégrant données longitudinales, prélèvements sanguins et tissus tumoraux. Pour Marc Ychou, l’IA sera désormais présente dans « quasiment tous les projets » de recherche en oncologie.

Au-delà du bâtiment lui-même, le CTIO est pensé comme la première pierre d’un futur « Montpellier Cancer Cluster » capable de structurer un véritable biocluster santé mêlant recherche publique, startups, essais cliniques et attractivité industrielle. « J’espère que dans dix ans tous ces terrains seront occupés et qu’on aura vraiment un cluster allant de la recherche fondamentale jusqu’au développement économique », projette Marc Ychou.

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