L’oncologie se dote d’un guichet unique pour accélérer l’innovation
Institut de cancérologie de l'Ouest ICO, site Saint-Herblain
L’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), son accélérateur Impulse by ICO et le Digital Medical Hub (DMH) ont lancé, le 18 juin à PariSanté Campus, le DMH ONCO. Cette nouvelle structure entend réunir les compétences cliniques, réglementaires, méthodologiques et économiques nécessaires au développement des technologies de santé numériques en cancérologie, afin d’accélérer leur passage de l’idée au patient. En rassemblant médecins, chercheurs, startups, industriels et financeurs, l’ICO et le Digital Medical Hub espèrent lever l’un des principaux freins à l’innovation numérique en santé : la fragmentation de son écosystème.
Les innovations en oncologie ne manquent pas. Intelligence artificielle, dispositifs médicaux connectés, outils de télésurveillance, thérapies numériques : les technologies se multiplient à mesure que les besoins augmentent. Pourtant, nombre de projets peinent encore à franchir les étapes qui séparent une idée prometteuse d’une solution réellement déployée dans les parcours de soins. « Il faut réunir tout ce beau monde autour d’une même table », a résumé Lucas Thiery, cofondateur et directeur stratégique du Digital Medical Hub, en évoquant les médecins, patients, entrepreneurs, industriels et financeurs qui interviennent dans le développement d’une innovation. Avec ce DMH Onco, ils souhaitent permettre aux porteurs de projets de trouver en un même lieu les compétences dont ils ont besoin pour développer, tester, financer et déployer leurs innovations.
Les centres anticancer veulent reprendre la main sur l’innovation
Le nombre de cancers continue d’augmenter tandis que les progrès thérapeutiques permettent à un nombre croissant de patients de vivre plus longtemps avec ou après la maladie. Selon le Pr Mario Campone, directeur général de l’ICO, l’enjeu ne se limite plus à traiter les patients mais à organiser leur suivi dans la durée. « Aujourd’hui, il va falloir penser à l’après-cancer », explique-t-il. Suivi à domicile, coordination des parcours, réhabilitation, prévention des rechutes : autant de défis qui nécessitent de nouveaux outils numériques mais aussi de nouvelles organisations.
Pour les dirigeants de l’ICO, les centres de lutte contre le cancer disposent d’atouts particuliers pour jouer ce rôle. Historiquement impliqués dans la recherche clinique, ils concentrent les patients, les données, les compétences méthodologiques et les professionnels capables d’évaluer les innovations dans des conditions réelles d’utilisation. « L’hôpital est un producteur de soins, mais c’est aussi un acteur de l’innovation », rappelle Viviane Joalland, directrice générale de l’ICO.
Réunir toutes les expertises au même endroit
Pour les startups, l’un des principaux freins reste la dispersion des expertises nécessaires à leur développement. Le Dr Guillaume Ploussard, chirurgien urologue et fondateur de Betty Care, en a fait l’expérience lors de la création de ses premiers dispositifs numériques destinés à l’accompagnement des patients avant et après une intervention chirurgicale. « On avait un millefeuille de partenaires », résume-t-il. Réglementation, évaluation clinique, valorisation ou accès au marché : chaque étape nécessitait un interlocuteur différent.
Selon lui, le DMH a permis de regrouper ces compétences au sein d’une même structure et d’offrir un accompagnement coordonné tout au long du développement du projet. Cette logique de simplification séduit également les industriels. Thomas Di Maio, responsable du diagnostic Europe et Canada chez AstraZeneca, a ainsi présenté le projet A4ER, qui compare plusieurs solutions d’IA appliquées au diagnostic du cancer du sein. Pour lui, la valeur ajoutée du DMH tient à sa capacité à réunir au sein d’un même dispositif les expertises cliniques, réglementaires et médico-économiques nécessaires au développement des innovations. Une approche qui a notamment permis de contractualiser avec sept startups internationales en trois mois seulement.