PariSanté Campus mise sur la future gigafactory européenne de l’IA

26 juin 2026

PariSanté Campus a rejoint le consortium AION, candidat français au programme européen des AI Gigafactories. Aux côtés d’acteurs comme Scaleway, Orange, EDF, Capgemini ou Artefact, l’écosystème dédié à la santé numérique entend faire valoir les besoins spécifiques de la recherche médicale et des startups en matière d’intelligence artificielle. Pour Antoine Tesnière, directeur général de PariSanté Campus, l’enjeu dépasse largement la seule puissance de calcul : il s’agit de construire les conditions d’une innovation en santé souveraine à l’échelle européenne.

Selon Antoine Tesniere, « l’intelligence artificielle repose aujourd’hui sur quatre ingrédients essentiels : les données, les algorithmes, la puissance de calcul et l’énergie. Sur les deux premiers volets, la France dispose déjà d’atouts importants, notamment dans le domaine de la santé. Avec les entrepôts de données hospitaliers, le futur Espace européen des données de santé et un écosystème académique reconnu, les ressources ne manquent pas. Reste une question devenue centrale ces dernières années : celle des infrastructures capables d’exploiter ces données à grande échelle. »  C’est dans ce contexte qu’est né AION, un consortium réunissant plusieurs grands acteurs français du numérique, de l’énergie et de l’intelligence artificielle. Son objectif est de répondre au futur appel à projets européen consacré aux AI Gigafactories, ces infrastructures de calcul de nouvelle génération destinées à soutenir le développement des modèles d’IA les plus avancés. Pour PariSanté Campus, rejoindre ce consortium relevait presque de l’évidence. « Notre rôle est d’accompagner la recherche, l’innovation, la formation et l’entrepreneuriat autour du numérique et de l’intelligence artificielle appliqués à la santé », explique Antoine Tesnière. 

Des capacités de calcul pour les chercheurs et les startups

Si les AI Gigafactories sont souvent présentées comme de gigantesques centres de calcul, leurs promoteurs insistent sur leur vocation à soutenir l’innovation. Dans le domaine de la santé, les applications potentielles sont nombreuses : plateformes diagnostiques basées sur l’IA, médecine personnalisée, simulation numérique, découverte de médicaments ou encore jumeaux numériques. Autant de technologies dont le développement nécessite des volumes croissants de données et de puissance de calcul. 

Pour Antoine Tesnière, l’un des enjeux majeurs consiste à permettre aux jeunes entreprises innovantes d’accéder à ces ressources. « Une startup qui développe un service basé sur des algorithmes va, à un moment, avoir besoin de capacités de calcul pour tester ses modèles ou passer à l’échelle », souligne-t-il. Ces capacités pourraient notamment bénéficier au développement de plateformes diagnostiques, de jumeaux numériques, de solutions de médecine personnalisée ou encore d’applications de robotique médicale, autant de domaines où les besoins en calcul augmentent fortement. L’ambition de PariSanté Campus est donc de faciliter l’accès de son écosystème à ces futures infrastructures, aussi bien pour les équipes de recherche que pour les startups hébergées ou accompagnées sur le campus. Les modalités d’accès restent cependant encore à définir, le cahier des charges européen n’ayant pas encore été publié.

Réduire la dépendance aux infrastructures américaines

Depuis plusieurs années, la majorité des startups d’IA s’appuient sur des infrastructures de calcul ou de stockage fournies par des acteurs américains. Une dépendance qui peut devenir problématique lorsque les règles d’accès évoluent ou que certains services sont interrompus. « Ce n’est pas seulement une dépendance technologique, c’est une dépendance stratégique », estime Antoine Tesnière. PariSanté Campus encourage déjà les startups de son écosystème à s’appuyer sur des hébergeurs européens certifiés SecNumCloud pour leurs données de santé. 

Le calendrier reste toutefois préliminaire. Le consortium attend désormais la publication officielle de l’appel à projets européen, attendue d’ici la fin de l’année. D’ici là, AION poursuit sa structuration avec l’ambition de positionner la France parmi les principaux candidats à l’accueil d’une future AI Gigafactory européenne.

Contacter POC Média Nous contacter

Inscription Newsletter

Vous souhaitez suivre l'actualité des technologies deeptech ?

Recevez gratuitement une newsletter par semaine

Je m'inscris
Fermer