PUI Nantes Université : structurer une offre d’accompagnement globale et adaptée à chaque filière

7 mars 2025

Regroupant 17 établissements de l’écosystème d’innovation en Loire-Atlantique, le PUI Nantes Université souhaite structurer une offre complète d’accompagnement par filières d’excellence. À cette fin, il compte s’appuyer sur l’expertise sectorielle des acteurs locaux pour favoriser l’émergence de partenariats public-privés et la création de start-up deeptech.

Lancé en juillet 2023, le Pôle universitaire d’innovation Nantes Université (PUI NU) s’est donné pour ambition de stimuler les connexions entre les entreprises et la recherche académique. Doté d’un budget de 6,2 millions d’euros, il regroupe treize membres fondateurs : Nantes Université, École centrale Nantes, l’IRT Jules Verne, l’Inserm, le CHU de Nantes, les Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire, l’Ensa Nantes, la SATT Ouest Valorisation, Atlanpole, l’Inserm Transfert, l’Inrae, le CNRS et Oniris VetAgroBio Nantes. Piloté par Nantes Université, le consortium compte également sur l’expertise de quatre partenaires académiques locaux, comme l’Institut de cancérologie de l’Ouest, l’Université Gustave Eiffel, l’IMT Atlantique et l’Ifremer. « La création de ce PUI prend racine avec le projet NeXT (Nantes Excellence Trajectory), qui vise à développer deux axes : la santé du futur et l’industrie du futur. Ce qui nous a valu la labellisation I-Site en 2022 », déclare Frédéric Jacquemin, coordinateur du PUI Nantes Université, vice-président Innovation, Partenariats et I-Site.


En matière d’objectifs, le PUI s’est fixé deux principaux objectifs : affirmer le rôle de la recherche publique nantaise comme acteur de l’innovation et développer une offre globale et lisible de compétences et de technologies pluridisciplinaires en faveur du développement économique du territoire. « Dans ce cadre, nous souhaitons augmenter les partenariats structurants sur le long terme avec les entreprises ; accroître la création de start-up issues des laboratoires et en attirer sur le territoire ; et consolider la complémentarité des équipes d’accompagnement à l’innovation », indique Hélène Merhand, cheffe de projet du PUI NU.

Favoriser les projets deeptech

Parmi les axes de travail, le PUI s’attelle notamment à la détection de projets, la sensibilisation et la formation à l’innovation. « Nous avons recruté une personne pour coordonner ce volet spécifique, une seconde personne a été recrutée afin d’optimiser l’application des mesures incitatives, et les mobilités à travers notamment les dispositifs de la loi PACTE », précise Hélène Merhand. En outre, des référents « valorisation » ont été désignés au sein des différents laboratoires de recherche, avec l’objectif d’en avoir au moins un par laboratoire. Près d’une centaine de référents, correspondant à 4/5e des laboratoires représentés dans le PUI, sont adhérents à la démarche. « De plus, des congés d’innovation, allant jusqu’à un an, sont proposés à l’ensemble des chercheurs pour travailler sur un projet d’innovation », explique Hélène Merhand. Avant d’ajouter : « Des bourses exploratoires AccèsLab allant jusqu’à 4000 € pour que les étudiants-entrepreneurs accompagnés par Pépite puissent collaborer avec un laboratoire, lever des verrous technologiques et ainsi accélérer leur démarrage de projet. »

« Pour l’ensemble des porteurs de projet du PUI, nous avons également lancé Deeptech Factory, un programme de préincubation de six mois pour étudier la faisabilité d’un projet porté par un chercheur et donner un coup d’accélérateur. Il se compose de coaching, d’ateliers et de mise en relation avec des industriels », détaille Samuel Bachelot, directeur délégué de l’incubateur de la recherche publique et EU BIC chez Atlanpole.

Les membres du PUI Nantes Université prêteront une attention toute particulière aux projets s’inscrivant dans les cinq filières d’innovation prioritaires définies par les membres du PUI, à savoir : santé du futur, énergie-mer-environnement, numérique, sciences humaines et sociales et industrie du futur. Chaque filière étant définie en sous-catégories : «par exemple, sur l’axe santé du futur, nous avons identifié quatre domaines stratégiques d’innovation : dispositif médical, traitement innovant, alimentation santé et santé numérique», précise Hélène Merhand.

Accompagnement sur mesure

« L’un des points forts de notre PUI, c’est aussi la présence d’un comité deeptech qui oriente les différents projets de création d’entreprise. L’objectif est de proposer des accompagnements sur mesure, en fonction du thème, de la maturité, des besoins, etc. », complète Frédéric Jacquemin. Se réunissant tous les deux mois et animé par Nantes Université, ce comité, auquel les établissements et les incubateurs du PUI prennent part, identifie les projets pouvant aboutir à une création d’entreprise, coordonne un parcours intégré d’accompagnement ou examine des demandes de financement BFT Lab de BPIfrance. En matière de suivi, un effort particulier a été mis sur la formation destinée aux doctorants au sein de leur école doctorale. En outre, ils peuvent, par l’intermédiaire de Doctoriales, acquérir les bases pour un projet entrepreneurial.
Pour ce qui est de la recherche des compétences RH, Atlanpole a initié un dispositif dénommé « deeptech matching ». « Il s’agit d’un système de matching de compétences, avec des modules entre le porteur de projet et l’expert souhaitant apporter sa compétence. Cela permet de voir la compatibilité entre les deux partenaires », explique Samuel Bachelot. En matière d’accompagnement, Atlanpole et la SATT Ouest Valorisation propose également le « Deeptech Starter » qui consiste à accompagner durant trois mois un doctorant ou un chercheur. Cela permet à douze porteurs de projet par an d’étudier les différentes pistes de valorisation d’un projet, notamment en ayant accès à des retours d’expérience.

Développer les partenariats

Pour le transfert technologique de la recherche issue des laboratoires, le PUI NU pourra compter sur les partenariats avec les entreprises. « Nous avons l’intention d’accroître le nombre de laboratoires communs et de collaborations avec le secteur privé », indique Hélène Merhand. Pour ce faire, le consortium pourra notamment s’appuyer sur le savoir-faire de l’IRT Jules Verne et l’École Centrale de Nantes. « La recherche partenariale est dans l’ADN de notre établissement, et nous allons nous servir de notre savoir-faire sur les chaires industrielles et les partenariats structurants dans le cadre du PUI. Nous allons en particulier nous focaliser sur la cocréation de chaires sur des sujets transversaux », indique Frédéric Meslin, directeur du développement à l’École Centrale de Nantes. Dans cette optique, l’établissement a recruté un business developer grâce au PUI Nantes Université pour aborder la relation industrielle. « Sa mission sera d’aiguiller les sujets d’innovation et d’être dans la continuité des laboratoires industriels », précise Frédéric Meslin. Pour gagner en clarté et comme indiqué précédemment, le PUI Nantes Université réalise une cartographie des compétences par filière d’excellence afin d’identifier les domaines stratégiques d’innovation. Cela permettra de structurer une offre lisible pour les collaborations à venir.

Le CHU de Nantes ambitieux sur l’innovation

Dans le cadre du PUI, le CHU de Nantes a officialisé le déploiement d’un site dédié à l’accompagnement des projets d’innovation et d’entrepreneuriat des personnels soignants et chercheurs : la Fabrique de l’innovation en Santé. « Dès 2025, il y aura le déploiement d’un bâtiment de 4 500 m² dédié à l’accueil d’entreprises, sur les sujets des dispositifs médicaux et de la santé numérique. Il hébergera aussi la Fabrique de l’innovation en santé, qui s’étendra sur près de 600 m² », indique Romain Marlange, directeur de la recherche et de l’innovation au CHU de Nantes et co-coordinateur du comité de filière Santé du PUI. D’ici à 2027, l’île de Nantes devrait également accueillir le nouvel hôpital et le « quartier santé » consacré à l’innovation. « Les porteurs de projets d’innovation et les entreprises pourront ainsi accéder à un plateau technique de haut niveau pour cocréer des solutions », explique Étienne Bendjebbar, responsable du département innovation et développement du CHU de Nantes. Avant d’ajouter : «Grâce aux quatre ateliers, les porteurs de projets pourront ainsi identifier le besoin, développer les prototypes, évaluer des dispositifs et définir une stratégie d’accès au marché. ». Adossées à un tiers-lieu d’expérimentation, les innovations pourront être testées dans différents environnements ou directement au cœur des services du CHU. Pour favoriser l’émergence d’innovations au sein du personnel soignant et des chercheurs, plusieurs dispositifs vont être mis en place : un congé d’innovation pour libérer du temps pour l’entrepreneuriat, une campagne d’appels à projets et une série d’événements liés à l’innovation santé, dont un hackathon. Pour soutenir les actions dans le cadre du PUI, plusieurs recrutements ont été effectués, notamment une chargée de valorisation IA et santé numérique, ainsi qu’un chargé de développement sur les thérapies innovantes.

Trois questions à Hélène Merhand, cheffe de projet du PUI Nantes Université

Qu’est-ce qui distingue le PUI Nantes Université ?

Hélène Merhand : Le PUI Nantes se caractérise par l’accompagnement de projets d’innovation qui sont suivis par cinq comités de filières : Santé du futur / Industrie du futur / Énergie-mer-environnement / Numérique / Sciences humaines et sociales. Ils assurent la mise en œuvre de la déclinaison thématique du plan d’action en cohérence avec les dispositifs et programmes thématiques existants. (Fil’Innov, Ouverture, NExT, Pepite, etc.)

Le financement du PUI s’achève dans trois ans. À quoi ressemblera le PUI à ce moment-là ?

Le PUI aura réussi à coordonner les accompagnements à l’innovation des différents acteurs de l’écosystème nantais. Il aura développé et structuré une offre pluridisciplinaire, intégrée et lisible de compétences technologiques. Ce qui permettra aux entreprises et start-ups d’y accéder aisément en vue de contribuer au développement économique du territoire nantais. Le PUI proposera un parcours de formation Innovation/Entrepreneuriat complet à destination de profils spécifiques « Doctorants, jeunes chercheurs, chercheurs seniors».

Quels facteurs détermineront si le PUI est un succès ou un échec ?

Le PUI Nantes Université sera un succès si la recherche publique nantaise est reconnue comme un acteur clef de l’innovation pour relever les défis sociétaux. Et ce, en mettant l’innovation à la portée de tous et en plaçant l’usager au cœur du dispositif. Cela se traduira par l’augmentation de start-ups innovantes sur le territoire et du nombre de partenariats public-privé avec les entreprises.

Contacter POC Média Nous contacter

Inscription Newsletter

Vous souhaitez suivre l'actualité des technologies deeptech ?

Recevez gratuitement une newsletter par semaine

Je m'inscris
Fermer