PUI Valiotech : Favoriser les projets entrepreneuriaux et les collaborations avec les entreprises

2 juin 2026

Lancé en 2024, le PUI Valiotech vise à mieux organiser la transformation des résultats de la recherche en solutions concrètes pour La Réunion. Il clarifie les rôles et facilite le passage du laboratoire à l’expérimentation, au partenariat économique ou à la création d’activité. Objectif : renforcer la capacité locale à transformer la recherche en valeur économique, sociale et environnementale.

« À La Réunion, les structures d’innovation existent déjà, même si l’écosystème reste plus restreint qu’en métropole. Le PUI a justement pour objectif de mieux structurer cet environnement et de renforcer les collaborations entre laboratoires de recherche et acteurs socio-économiques, afin de faire émerger davantage de projets innovants au service du territoire. » Tel est le constat dressé par Adeline Ceccarelli, coordinatrice du PUI Valiotech. Lancé en novembre 2024, le projet est piloté par un consortium composé de quatre membres : l’Université de La Réunion (chef de file), la Technopole de La Réunion, le Cirad et l’IRD. Pour Valiotech, l’éloignement géographique n’est plus un obstacle, mais un catalyseur d’agilité. Ce dispositif mise sur l’excellence de la recherche réunionnaise pour concevoir des réponses durables aux transitions actuelles. En se concentrant sur des secteurs clés, comme l’économie solidaire ou la transition écologique, le PUI transforme l’île en un hub d’innovation capable de répondre aux défis globaux de demain.

Orienter les étudiants vers l’entrepreneuriat

Le PUI Valiotech prévoit plusieurs actions pour former les étudiants à la création de start-up innovantes. « Dès la rentrée prochaine, en septembre 2026, les étudiants de licences et de master vont avoir une unité d’enseignement obligatoire sur l’entrepreneuriat. Ce cursus de formation de 20 h en ligne permettra de former près de 2000 étudiants », détaille Adeline Ceccarelli. L’unité d’enseignement « Cap sur l’innovation », mise en place par le PUI, est la porte d’entrée d’un parcours entrepreneurial complet en lien avec Pépite. Les équipes pédagogiques dispensent une UEO complémentaire « Découvre que tu es un entrepreneur » dans la continuité de l’UE du PUI. « Notre priorité a été d’aller chercher l’innovation là où elle se trouve : dans les laboratoires. En sensibilisant directement 57 masters (5 %) et 54 doctorants (25 %), nous avons créé un véritable appel d’air. Ce travail de terrain du PUI a littéralement dopé la dynamique entrepreneuriale sur le territoire : entre 2024 et 2026, nous avons généré une hausse de 77 % des demandes de statut étudiant-entrepreneur et de 240 % pour Diplôme Universitaire Etudiant Entrepreneur », précise Adeline Ceccarelli. Valiotech s’est fixé pour ambition d’accroître le nombre d’étudiants-entrepreneurs sur le dispositif Pépite, soit 40 étudiants inscrits au SNEE en 2025, 60 en 2027 et 80 à l’horizon 2028.

Quant aux doctorants, ils peuvent suivre des formations courtes (masterclass) pour valoriser leurs travaux de thèse. « Nous avons structuré un parcours d’accompagnement qui associe des masterclass sur la propriété intellectuelle et l’entrepreneuriat à des dispositifs comme les bootcamps ou le concours StartThèse. L’objectif est de permettre aux doctorants de valoriser concrètement leurs travaux de thèse », insiste Adeline Ceccarelli. Ainsi, l’Université de la Réunion a-t-elle organisé une session intitulée « Transformez vos recherches en projets innovants ». « Dans cette dynamique, nous avons lancé Inno’Challenge, un concours thématique annuel destiné aux étudiants de masters porteurs de projets innovants et de doctorants souhaitant valoriser leur sujet de thèse. La première édition, qui a eu lieu fin 2025, a reçu une douzaine de candidatures sur trois thématiques : Valio’Impact, Valio’Tech, Valio’Thèse. Nous avons désigné quatre lauréats », poursuit Adeline Ceccarelli.

Cette année, le lancement de Starthèse aura également lieu avec un appel à projet. L’arrivée de ce dispositif sur le territoire est le résultat d’un travail de structuration mené par le PUI Valiotech afin de permettre aux doctorants et jeunes chercheurs de s’inscrire pleinement dans l’écosystème national de l’innovation. Le lauréat réunionnais sera sélectionné début septembre et représentera ensuite le territoire lors de l’événement national à Paris en novembre 2026

Pour mieux identifier les résultats de recherche susceptibles de déboucher sur des innovations ou des collaborations avec des entreprises, le PUI Valiotech a structuré une démarche de détection directement au sein des laboratoires. L’objectif est d’identifier plus tôt les projets à potentiel et de créer les conditions pour qu’ils puissent être accompagnés vers des démarches de valorisation ou de partenariat.

Une équipe élargie

Cette démarche repose d’abord sur un travail de sensibilisation et de montée en compétences des chercheurs et des services d’appui à la recherche sur les enjeux de valorisation. Des actions dédiées permettent notamment d’aborder des sujets comme la propriété intellectuelle, les collaborations public-privé ou encore les mécanismes de transfert vers le monde socio-économique. Pour renforcer cette détection au plus près du terrain, un réseau d’ambassadeurs de l’innovation est actuellement en cours de constitution au sein des laboratoires. Ces relais, identifiés dans les unités de recherche, ont vocation à faciliter l’identification des projets émergents et la remontée d’informations vers les services de valorisation. Les premiers ambassadeurs ont déjà été désignés et le réseau devrait progressivement s’élargir pour atteindre une quinzaine de relais d’ici à 2027. Ce dispositif s’appuie également sur un business developer, chargé de faire le lien entre les laboratoires et les entreprises, ainsi que sur un chargé de détection qui sera positionné au sein de la Technopole afin de renforcer l’identification et l’accompagnement des projets sur les premières étapes de prématuration. « L’enjeu est d’identifier plus tôt les résultats scientifiques qui pourraient donner lieu à des innovations ou à des collaborations avec des entreprises.», souligne Adeline Ceccarelli.

Favoriser les partenariats public-privé

Outre la sensibilisation à l’entrepreneuriat, le PUI Valiotech a déployé des actions pour renforcer les collaborations entre laboratoires et acteurs socio-économiques. « Parmi les initiatives, nous avons développé un appel à projets, dénommé Valiolink, pour initier une première collaboration entre un laboratoire public et une entreprise, lever des verrous scientifiques ou techniques et sécuriser un premier cadre contractuel. Doté d’un financement pouvant atteindre 20 000 euros sur 18 mois, ValioLink joue aussi un rôle de détection : il permet d’identifier, à partir des projets proposés par les unités et des besoins exprimés par les entreprises, les thématiques à potentiel et les partenariats émergents à accompagner en priorité.», détaille Adeline Ceccarelli. Le PUI a également remis à jour son PlugInLabs, un site vitrine qui référence les contacts des laboratoires par expertise, équipement, offre de service, etc. Un moteur de recherche permet de trouver un labo ou un contact avec un mot clé. A ce jour, une quinzaine de laboratoires y sont déjà référencés, avec un objectif de couverture progressive d’environ 35 unités de recherche.

Le PUI Valiotech s’appuie sur une stratégie d’événements ciblés pour accélérer les collaborations entre laboratoires et entreprises à La Réunion. Conçues non comme des conférences mais comme des dispositifs d’activation de projets, ces rencontres partent des besoins exprimés par les filières économiques et mobilisent les équipes de recherche et plateformes scientifiques capables d’y répondre. Une journée dédiée aux bioressources tropicales et à leurs applications en santé et cosmétique a ainsi réuni une quinzaine d’entreprises autour de trois unités de recherche, avec visites d’installations, démonstrations technologiques et échanges sur les besoins d’innovation. Ces formats permettent à la fois de détecter les attentes des entreprises et d’identifier des résultats scientifiques à potentiel, avant d’orienter les pistes les plus prometteuses vers des dispositifs comme CIFRE ou ValioLink pour structurer des projets de recherche partenariale.

L’innovation sociale au cœur du PUI

Valiotech a mis en place un Living Lab, labellisé Enoll, le réseau européen des Living Lab. « L’idée est d’aider les porteurs de projets à avoir davantage d’impact sur le territoire, en favorisant les rencontres locales avec des acteurs économiques, politiques et de la société civile. Cette mesure d’intelligence collective en plusieurs étapes permet d’élargir les horizons d’une innovation en matière d’économie sociale et solidaire, de gagner du temps et de l’impact sur le transfert », explique Sophie Massot, chargée de mission Living Lab Valiotech rattachée à la Technopole. En 2026, Valiotech prévoit d’organiser plusieurs sessions de Living Lab thématiques, comme : la biodiversité numérique, les populations sinistrées après cyclone, la coconstruction ZAE Technor et le bien vieillir.

Autre priorité de Valiotech : le déploiement d’un pilotage intégré par la donnée. « Nous travaillons au déploiement d’un CRM pour centraliser les contacts et les projets en accompagnement. Au niveau des sources, nous disposons de fichiers Excel permettant de structurer les données centralisées dans un entrepôt de données SQL (déjà actif). L’ambition  : automatiser l’exploitation des données à l’aide d’un entrepôt postgre SQL et d’une interface de visualisation Apache Superset. Ce processus va nous aider à, non seulement, éviter les doublons d’entrée, à collecter les KPI pour l’évaluation des PUI, mais aussi à contribuer à notre démarche d’amélioration continue », conclut Adeline Ceccarelli.

Bpifrance, acteur clef des Pôles universitaires d’innovation
Bpifrance intervient comme opérateur pour le compte du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du Secrétariat général pour l’investissement dans la mise en œuvre du programme des Pôles Universitaires d’Innovation (PUI). Son rôle est d’appuyer le déploiement de ce programme à travers un dispositif d’accompagnement collectif. Celui-ci vise à faciliter les échanges entre les différents PUI, mutualiser les outils, documenter les pratiques et identifier les besoins communs. En 2024, cette mission s’est concrétisée par la création d’une plateforme en ligne, des webinaires réguliers et des groupes de travail. En 2025, l’objectif est de structurer davantage cet accompagnement autour de cinq priorités : la formation des équipes, l’outillage numérique, le pilotage et l’amélioration continue, la lisibilité du programme, et l’articulation avec les politiques locales et nationales. Bpifrance coordonne l’ensemble de ce dispositif, sans intervenir directement dans les choix opérationnels des PUI.

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